Micheline Calmy-Rey, ministre suisse des Affaires étrangères, est actuellement à Bogota. Motif officiel de cette visite : célébrer les 100 ans du traité d’amitié qui lie la Suisse et la Colombie. En fait, les deux pays vont tenter de trouver un terrain d’entente. Les relations sont devenues carrément exécrables depuis la libération d’Ingrid Betancourt. Les Colombiens soupçonnent carrément Calmy-Rey d’avoir balancé, via la Radio suisse romande, l’existence d’une rançon dans cette libération. La Suisse, comme le Comité international de la Croix-Rouge (CIRC), travaillent dans la discrétion, et désapprouvent les opérations médiatiques menées par Alvaro Uribe, le président colombien, et par Nicolas Sarkozy.
Toutefois, le principal point d’achoppement porte sur le code pénal suisse, qui n’intègre pas la notion d’« organisation terroriste ». Résultat, plusieurs responsables des FARC, les membres de leurs familles, et notamment Omar Arturo Zabala Padilla, alias Lucas Gualdron, le responsable des FARC pour l’Europe, vivent paisiblement sur les bords des lacs Léman et de Zurich. Or, Bogota a fait de la destruction des « réseaux d’appui des FARC » sa priorité. La Colombie aurait envoyé dans la paisible Confédération plusieurs membres de ses services secrets.
Ce lundi, Calmy-Rey a rencontré Jaime Bermudez, son homologue colombien, et demain mardi, elle se rend à Medellin.