En juin, des collaborateurs des fameux guides Michelin énervés de leur précarité sociale ont envoyé un email à plusieurs élus du Puy-de-Dôme. Les guides (tel le Guide Vert ou Voyager pratique) sont en effet édités par l’entreprise Michelin elle-même, le fabricant de pneus pour voitures et avions, via l’enseigne Edition du Voyage. Agacés d’un statut d’auteur hasardeux et qui ne les protège aucunement au cours de leurs voyages aux quatre coins du monde, en passant par la convention collective du caoutchouc qui leur est le plus souvent applicable, certains se sont plaints de ces conditions.
Extrait : « Depuis 1999 je travaille de manière constante et quasi exclusive pour la société Michelin qui m’emploie comme auteur de guides de voyages pour ses collections Guides verts ou Voyager pratique. Or, à aucun moment la société Michelin, prétextant du fait que mon statut serait celui d’un auteur « sans contrat de travail » ne m’a assuré le minimum de couverture sociale, en particulier pour ce qui concerne l’éventualité d’un accident qui pourrait survenir alors que je suis en mission en France ou à l’étranger à sa demande et pour son compte ».
Et l’auteur de la missive d’enfoncer le clou : « Je viens en effet de poser récemment la question de savoir si j’étais couvert par la législation sur les accidents du travail –article 411-1 du code de la sécurité sociale- et la société Michelin a répondu par la négative, me faisant savoir qu’étant auteur je ne bénéficiais pas d’un contrat de travail. Pourtant, tous mes déplacements pour le compte de cette société sont fait à sa demande, avec une lettre de mission, un contrat et une avance de frais qui, à l’évidence, constituent le lien de subordination caractéristique du contrat de travail ».
Curieusement, les élus du département ne se pressent pas pour prendre position sur les pratiques curieuses de l’un des principaux employeurs du Puy-de-Dôme.