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Ben Ali, l'homme affame

« Prostituées », « sales putes », « voleuses »…les pandores tunisiens ont sorti leur vocabulaire le plus fleuri en l’honneur des avocates tunisiennes, qui occupent depuis 15 jours la maison du barreau de Tunis.
Elles protestent contre une loi créant un institut supérieur du barreau, placé directement sous la coupe du très démocratique pouvoir tunisien. De là à penser que cet institut portera atteinte à l’indépendance de la profession il y a un pas, que les courageuses femmes en robe n’ont pas hésiter à sauter, appuyé par le bâtonnier de la capitale.
« Ce sera une école dirigée par des fonctionnaires où, comme cela existe déjà pour les magistrats, seuls des gens proches du pouvoir pourront être recrutés », dénonce le bâtonnier, Abdelsattar Ben Moussa.

Le ton est rapidement monté. Une trentaine de policiers montent en permanence la garde autour du lieu du sit-in, insultent bâtonnier et avocates, quand ils ne leur font pas tâter du gourdin. Toutes les voitures passant aux abords du sit-in sont coursées et leurs pneus crevés. Et la grève de la faim observée mercredi risque ne pas connaître de fin…
Les poulets de Ben Ali veillent à ce que leur jeun se prolonge et interdisent l’accès au bâtiment.

« On ne se sent plus du tout en sécurité », avoue Radia Nasraoui, l’une des avocates en pointe du mouvement et qui avait déjà observé une grève de la faim pendant plus de sept semaines en 2003 pour dénoncer les atteintes aux libertés en Tunisie. « Nous sommes agressés physiquement et verbalement quand nous tentons de sortir. Deux d’entre nous ont été hospitalisés ».
Encore une preuve que le pouvoir de Bac moins 3 n’est pas sexists. Il traite les femmes comme les hommes… à coup de triques.