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Shakespeare au Nigeria

Le troisième mandat

Son deuxième mandat présidentiel s’achève en mai 2007 et normalement il ne doit pas se représenter. Et pourtant tout le monde parle du troisième mandat avec comme des doutes dans la voix et dans les esprits. S’agit-il du troisième mandat d’Idriss Déby, le président tchadien ? Mais non, il vient d’être réélu le 3 mai dernier de façon triomphale avec 77,5% des voix. Fraternité matin, le journal d’Abidjan souligne quand même que cette élection masque l’extrême faiblesse du président tchadien qui est contesté tant à l’intérieur du pays que sur la scène internationale. S’agit-il de Jacques Chirac, le président français ? Mais, non, lui a été réélu avec 82% des voix, de façon triomphale il y a quatre ans, et tout le monde peut constater son extrême faiblesse. D’ailleurs plus personne ne sent l’utilité de le contester. Il s’agit du président Olusegun Obasanjo, du Nigeria. Les données constitutionnelles à Abuja sont claires :un président de la République ne peut faire plus de deux mandats. Dans une interview au Guardian nigérian, le secrétaire général des Nations-unies, le ghanéen Kofi Annan invite fermement le président nigérian à respecter la Constitution, s’il veut faire de son pays la puissance de référence de l’Afrique ou tout au moins de l’Afrique de l’Ouest.

Mais selon l’Accra Daily Mail, journal lui aussi ghanéen, l’atmosphère qui règne à Abuja n’est pas sans rappeler celle de la pièce Jules César de Shakespeare. Rumeurs et complots de palais agitent la capitale nigériane et le journal ghanéen conseille vivement au président Obasanjo de relire la pièce du célèbre dramaturge anglais pour ne pas finir comme le général romain. En attendant, le président nigérian réfléchit et fait valoir son bilan. A 70 dollars le baril de pétrole, le bilan est positif. Et à ceux qui parlent de chance, plus que de compétence, on pourrait de nouveau rappeler que dans l’Antiquité, à l’époque de Jules César, on attendait surtout du chef qu’il soit bien vu des dieux.

Route fatale

Si la guerre tue beaucoup en Afrique qui est le continent où elle fait le plus de morts chaque année, selon l’Accra daily Mail, la véritable menace qui pèse sur les populations locales, c’est la route. Le 16 mai dernier, un autobus entier a pris feu, tuant trente personnes, des pèlerins catholiques se rendant à un office religieux. Tout concourt a faire de la route africaine un lieu dangereux. L’état des véhicules-dans le cas présent d’après la police, rien ne marchait. Sauf que précise le journaliste, le bus marchait suffisamment pour pouvoir démarrer. Car souvent, ce qui évite l’accident , c’est que le matériel rend l’âme avant le drame. L’état des routes également. L’état des conducteurs enfin, qui se lancent sans prudence à vive allure sur des routes impraticables. Le Ghana s’émeut, la Côte d’Ivoire voisine aussi, il n’est jusqu’à l’Afrique du sud qui réclame de la part des Etats africains une prise de conscience sur le problème.

Français illustrés

Deux Français se distinguent ces temps-ci dans la presse africaine. Nicolas Sarkozy d’abord qui s’est rendu au Mali et au Bénin. Le journal béninois Fraternité info ne part pas à l’assaut de la loi sur l’immigration choisie qui a suscité des manifestations lors du passage du ministre à Bamako. L’insécurité qui le préoccupe, ce n’est pas celle du 9-3, mais celle des braquages tous azimuts à Cotonou. Et surtout, l’éditorialiste rappelle que si la France veut éviter l’immigration, il faut qu’elle aide le développement. Mais comme le précise la conclusion de l’éditorial du 17 mai du journal : « le commun des Béninois en a certainement marre de ces rencontres entre dirigeants du monde sans concrète retombée ».

Quant à Henri Michel, Fraternité Matin a ouvert le débat : les 23 Eléphants de l’équipe de football ivoirienne sont-ils les vainqueurs de juillet. Henri Michel répond aux questions qu’on lui pose. Décidément, il est vraiment très loin de Paris, où tout sélectionneur qui se respecte ne répond que ce que son sponsor l’autorise à dire…