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PaWade à Paris

Arrivé lundi 15 mai dans la capitale française, le président sénégalais n’a que peu goûté au repos. Sitôt arrivé, premier souci : une réunion de l’Union des Jeunes Travailleurs Libéraux (UJTL) de Paris tourne au pugilat. Malgré la présence de son fils Karim et de quelques-uns uns de ces conseillers, « Gorgui » lui-même a du intervenir pour faire retomber les tensions. Le différent entre les jeunes sénégalais de France portait sur l’organisation et le financement du meeting du 20 mai, au palais des congrès de la porte Maillot.


Wade
Le lendemain, nouvelle épreuve pour le chef d’Etat, un brin plus agréable. Devant un parterre de chef d’Etats africains - dont Olusegun Obasanjo (Nigeria) - et Jacques Chirac, l’ancien opposant s’est fait tresser des couronnes de lauriers par l’Unesco lors de la remise du prix Houphouët-Boigny. Les manifs de l’opposition, prévues ce même jour à Paris, n’ont pas réussi à ternir la fête. Cerise sur le gâteau, son ennemi intime, l’ancien président socialiste Abdou Diouf, lui a rendu un vibrant hommage. Et le « vieux » n’a pas fini de boire du petit lait.

Le lendemain, mercredi 17 mai, aller-retour express vers Genève pour recevoir une nouvelle récompense : le prix de la société mondiale de l’information, décerné par l’Union Internationale des Télécommunications. Le soir-même, à Paris, se tient en sa présence une nouvelle réunion de préparation du meeting du 20 mai.

Géopolitique de cocktail

Jeudi 18 mai, retour à l’Unesco. En fin d’après-midi un film est projeté, un petit discours puis direction un grand hôtel de la place, pour un dîner en son honneur.
Une petite sauterie pimentée par une analyse de la situation politique en Afrique, entre petis fours et champagne. Le Congo-Kinshasa fait naître « les plus grandes inquiétudes » chez l’homme qui s’est personnellement investi pour discuter avec la classe politique de l’ex-Zaïre en 1991. « C’est un pays qui n’a comme legs que la misère, aucune élection n’y est possible ». Au Darfour, « entre les peuples du Nord, des éleveurs et ceux du Sud, des cultivateurs, la lutte est ancestrale. On parle de faire intervenir l’Otan (sic !), je n’ai guère d’avis sur la question ».

« Gorgui » s’est même laissé aller au cours de ce repas, à un inhabituel mea culpa, sur le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad). « Je l’ai laissé aux mains d’incompétents, de technocrates, c’est ma faute ». Les intéressés apprécieront. Et, avec un raffinement qui lui fait honneur, le mari de Viviane s’est inquiété de la perte d’influence de la France sur son cher continent. « Vous comprenez, les Chinois veulent investir, les Indiens veulent investir, mais que fait la France ? Nous avons une histoire avec elle, nous l’attendons », plaide-t-il. Avant de terminer la soirée en réitérant ses griefs contre le projet de loi Sarkozy sur l’immigration.

Petite sauterie entre amis

Le meeting du 20 mai au Palais des Congrès, sur-préparé, n’a pas connu de fausses notes. Les cars affrétés (contre 22 000 euros soit près de 150 millions de F CFA) de Marseille, Toulouse, Lyon, Lille… ont déversé plus de 2000 sympathisants pour l’occasion. Un succès sonnant et trébuchant.
Et pour finir, la famille s’est fait un petit plaisir. Sur l’initiative de sa fille, Sindiély Wade, le président a participé hier soir à la soirée Black is Beautiful. Une dernière sauterie organisée à la Cour Vitrée de l’Ecole Nationale des Beaux Arts. Au programme, défilé de mode, discothèque et bouteilles à 130 euros en présence du ministre de la culture, Renaud Donnedieu de Vabres, mais sans beaucoup de Sénégalais. Le consulat même n’a pas vu la couleur d’un carton d’invitation…

Et avant de reprendre l’avion vers Dakar ce matin à 10 heures, Wade a calé un dernier rendez-vous : un tête-à-tête avec Sarkozy. La rencontre entre le présidentiable français et le président sénégalais a eu lieu hier après-midi.

En une dizaine de jours à Paris, le Sénégalais n’aura que peu vu la résidence de l’ambassadeur du Sénégal, où il descend à chacun de ses voyages dans la capitale française. De quoi faire s’affoler un peu plus ses conseillers. Après ses deux opérations, fin 2005, certaines voix l’ont enjoint à lever le pied, de peur qu’il ne « tombe en syncope »…