Vous êtes ici
Basri vote Bayrou
Très en forme, l’ancien bras droit d’Hassan II, Driss Basri, reçoit nos reporters dans son bel appartement du XVIe arrondissement. « Si j’étais français, je voterais François Bayrou aux prochaines élections ». « Et si ce n’était pas Bayrou, ce serait Le Pen, affirme ce grand libéral devant l’éternel. Au nom, explique-t-il, de la souveraineté de la France. »

Ni Ségolène, ni Sarko ne trouvent grâce à ses yeux : « c’est la plus mauvaise cuvée de la politique française depuis 1945 ». Oublieux de l’état de la presse sous son règne au ministère marocain de l’Intérieur et de l’Information, notre ami Driss se montre aussi assez sévère pour les journalistes français : « Ce qu’a écrit Pierre Péan sur les valises que Chirac aurait amenées en Afrique du Sud à la fin des années 60 pour le compte d’Hassan II est simplement grotesque. De toute façon le souverain marocain a rencontré Jacques pour la première fois à Fez en 1979 à l’occasion du rassemblement des maires francophones, mais certainement pas avant. Et Hassan II n’avait pas besoin de lui pour aider Mandela ». Ce qu’il a fait avec parcimonie !
Pour le reste, Basri se montre aussi assez sévère pour les élections législatives qui devraient avoir lieu cet été au Maroc. « Quelle importance, quelle finalité ces élections peuvent-elles avoir si on ne définit pas avant le cadre dans lequel elles devraient avoir lieu. Tout cela ne sert à rien tant que Mohamed VI n’aura pas transformé le régime en monarchie constitutionnelle ». Et on assiste non sans surprise aux attaques de Basri contre la constitution qu’il a rédigé lui même à l’époque d’Hassan II avec son ami le doyen Vedel (qui aimait autant le bon whisky que le droit public).
Le monarque de droit divin ? L’absolutisme monarchique ? Autant de vieux oripeaux qu’il faut se hâter de jeter à la rivière, explique l’ex grand vizir qui se définit lui même comme « le bonneteau d’Hassan II » . « Nous, nous construisions l’échafaudage, nous bâtissions un État ». Et donc, comprend-on, on était autorisé à quelques entorses et autres mauvais traitements avec l’opposition. Hassan II , reviens ! Basri est devenu gauchiste.



