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Le Carthage bête

Au pays des cornes de gazelles et du clan Trabelsi, Leïla Ben Ali abuse sans rougir de son grade de première dame de Tunisie. Depuis peu, elle et sa grande amie Souha, la veuve éplorée de Yasser Arafat, occupent leur temps libre à la création d’une nouvelle école privée. « The » École internationale de Carthage. Bakchich le révélait en mai dernier. Un article un tantinet moqueur qui se gaussait du niveau d’étude de Leïla la coiffeuse pour s’aventurer à un tel chantier. Et pourtant, son affaire s’annonce fructueuse. À croire que tout ce que touche un Trabelsi se change en or… enfin chacun son alchimie.

Car madame Ben Ali, non contente de faire payer l’année scolaire 1000 DT (600 euros environ), s’offre le luxe d’éliminer toute concurrence mal venue. Calomnies ? Rumeurs diront les intéressés… Que nenni. Le Lycée Louis Pasteur, la crème des lycées francophones tunisiens, en a fait les frais. Et a reçu du Ministère de l’Éducation un ordre de fermeture pour un motif qui reste encore à déterminer. La directrice de cet honorable établissement, ledit Lycée Pasteur, elle, voit bien clair dans les cartes. « La raison inavouée de cette fermeture est la suppression de toute concurrence suite à l’ouverture prochaine d’une autre structure privée de même nature ‘l’École internationale de Carthage’ » s’indigne-t-elle dans une lettre à l’attention de Nicolas Sarkozy où elle ne manque pas de solliciter sa protection au nom de la coopération franco-tunisienne.