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Un millier de Tunisiens contre Ben Ali
Enfin ! Depuis vingt ans que dure le règne du général Ben Ali, alias « Bac moins trois », les Tunisiens semblent bien silencieux face à l’arbitraire du pouvoir. Mais cela change. Un millier d’entre eux viennent de signer une pétition en faveur de la réouverture du lycée Pasteur, l’un des derniers îlots francophones de l’enseignement secondaire à Tunis. Parmi les signataires, des parents d’élèves, un ancien ministre ou encore un conducteur de bus. Une première dans ce pays où la moindre vellléité d’indépendance est durement sanctionnée.
Établissement réputé, le lycée Pasteur a été fermé par oukase de madame la présidente et ex-coiffeuse, la venimeuse Leila Trabelsi. La régente a en effet ouvert en septembre une « école internationale » qui a récupéré tous les ratés et exclus du système scolaire. À condition que leurs parents aient le portefeuille bien garni. Et gare ! À la moindre tentative de retirer leur enfant de l’« école » présidentielle, ils reçoivent une visite un brin menaçante. Pas question en tout cas, qu’un établissement concurrent et de qualité fasse de l’ombre au dernier bébé de la cagole qui règne à Tunis.
Durant l’été, l’ambassade de France n’avait guère réagi. Et pour cause : l’Excellence tricolore est au mieux avec les autorités. Quant à madame l’ambassadrice, elle fréquente assidûment le club que Leila a créé à Carthage pour recevoir ses copines. Heureusement, l’Elysée, contacté par les responsables du lycée, a réagi enjoignant le Quai d’Orsay de suivre le dossier. Une visite de Sarkozy est programmée en janvier et personne ne comprendrait que les Français ne s’inquiètent davantage du sort d’un lycée francophone. Du côté du Palais de Carthage, les proches de Ben Ali se sont répandus dans Tunis pour expliquer que jamais, ô grand jamais, le Président n’était au courant de cette sombre affaire. Leila aurait-elle agi seule ? Serait-elle déjà aux commandes ? Qu’elle prenne un jour le pouvoir et l’on pleurnichera un Ben Ali formé à la rude école du regretté Bourguiba.



