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Quel rapport entre la cosmétique et l’économie ?

Lorsque Xavier Bertrand décide de relancer le pouvoir d’achat il a deux moyens d’agir : soit d’augmenter la richesse des personnes, c’est-à-dire essentiellement leurs revenus, soit de faire baisser les prix.

Avec son administration, il a décidé de jouer sur les deux leviers : faire baisser les prix en faisant pression sur les industriels, mais aussi augmenter le revenu des salariés pour leur permettre de consommer plus.

Mais qu’est ce qu’un revenu ? Depuis Milton Friedman et sa théorie du « revenu permanent », les économistes pensent que le revenu consommable n’est pas seulement composé des salaires, appelés par le chef de file de l’Ecole de Chicago, revenus présents, mais intègre aussi les revenus futurs, ceux du travail, plus ceux générés par leur épargne.

Or, que propose le gouvernement ? Il propose que dorénavant les salariés puissent dépenser leur épargne salariale et racheter leurs RTT.

L’application de cette mesure ne ferait pas augmenter le revenu permanent des consommateurs. Leur pouvoir d’achat ne sera pas plus important. Il risque même de se réduire. Car à terme, cette épargne salariale aurait dû financer leurs retraites ou les études de leurs enfants. Mais aussi parce que l’épargne salariale, essentiellement placée en actions, est rémunérée par les bénéfices des entreprises qui augmentent plus vite que leurs propres salaires. En acceptant les injonctions du gouvernement, les salariés se privent donc d’un revenu futur plus rémunérateur que leur salaire. Et enfin, s’ils achètent leurs RTT, ils y perdent encore. Car, dans certaines entreprises, les RTT sont valorisées aux salaires de sortie du dispositif qui intègrent l’ancienneté, les promotions et les augmentations de qualification.

C’est ça la cosmétique, cacher un appauvrissement en faisant croire à une hausse du pouvoir d’achat, et ça n’a pas grand-chose à voir avec l’économie.