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Big brother joue au docteur

Les entreprises qui effectuent des dépistages pour vérifier que leur personnel ne consomme pas de drogues ou multiplient les caméras de vidéosurveillance vont adorer le système auquel travaille Microsoft : le géant du logiciel a déposé il y a 18 mois le brevet, publié le 27 décembre 2007, d’un système mesurant le pouls, la tension, la température, l’expression du visage, l’activité cérébrale et la respiration de l’utilisateur d’un ordinateur ou d’un téléphone mobile.

Objet affiché de ce système de surveillance (« monitoring ») : améliorer la gestion de groupe et aider des personnes qui auraient besoin d’assistance, en leur proposant des données, des liens Internet ou une supervision humaine. Le programme permettrait de mesurer les résultats d’un groupe d’employés et de détecter les lambins pour les remettre à niveau… ou toute autre solution, plus radicale, pour « améliorer la productivité » du groupe. Ce système doit « détecter automatiquement la frustration ou le stress de l’utilisateur via des senseurs physiologiques et environnementaux », sans fil. Il peut établir des statistiques multiples, comme celles des performances ou de la fréquence des difficultés.

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Intuitions de Microsoft
© Morvandiau

Le programme serait paramétré pour s’adapter aux situations : « Un pouls élevé pendant la préparation d’une déclaration d’impôts peut être considéré comme normal » pour tel utilisateur mais pas pour tel autre, indique le brevet déposé. Mais ce dernier ne précise pas si le système prend en compte le stress de l’employé par cette surveillance intégrale permanente… En Grande-Bretagne, l’« Information Commissioner » (la Cnil anglaise), les syndicats et les défenseurs de la vie privée affichent la plus grande méfiance. L’Information Commissioner estime qu’« imposer ce niveau d’intrusion aux employés ne pourrait se justifier que dans des circonstances exceptionnelles ».

Que ceux qui croiraient qu’un tel concept atteint un niveau insupportable de contrôle ne sont pas au bout de leurs surprises : ce programme n’est qu’une partie de recherches bien plus vastes, que Microsoft mène sur les interfaces cerveau-machine et les ondes cérébrales, indique à MarketWatch le chercheur Desney Tan. « Tout ce que fait le corps humain, nous pouvons probablement le mesurer. » Mais dans l’état actuel des technologies, son équipe est loin de pouvoir lire les pensées, nous rassure-t-il. L’objet de futurs brevets ?