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Elle en a, tata Angela

À quelques jours de son départ pour une visite d’État de trois jours en Israël (du 16 au 18 mars 2008), l’opinion publique et la presse allemandes s’interrogeaient encore, dubitatives : au-delà des relations si particulières entre l’Allemagne et l’État hébreu, pourquoi diable la chancelière Angela Merkel accorde-t-elle autant d’importance à cette visite ? Même si elle a annoncé qu’elle se rendrait prochainement dans les Territoires palestiniens pour y consacrer une visite à part entière, ne risque-t-elle pas d’être perçue comme pro-israélienne ?

La diplomatie du rapprochement

Des questions légitimes tant Angela Merkel a mis les moyens diplomatiques pour sa visite en Israël : elle a embarqué à ses côtés les poids lourds de son cabinet et tenu un discours qualifié d’« historique » devant le Parlement israélien, martelant la valeur de l’amitié germano-israélienne. Symboliquement, elle est aussi la première chef d’État à commémorer en Israël les 60 ans de l’État hébreu. Stratégiquement enfin, elle a hissé Israël au rang des alliés « naturels » avec qui l’Allemagne entretient des consultations interministérielles (la Russie, la Pologne, l’Italie, l’Espagne, la France…)

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Angela Merkel
© Mor

« Nombreux sont ceux qui pensaient que cette visite ne serait qu’un passage obligé pour marquer une fois de plus les relations dites très particulières entre les deux pays », explique ce diplomate berlinois. D’autant qu’Angela Merkel n’avait rien à y gagner politiquement. Selon les derniers sondages seuls 3% des Allemands se disent « pro-israéliens » tandis que 91% souhaitent une stricte neutralité de leur pays dans le conflit israélo-palestinien. Or, depuis que la chancelière est rentrée à Berlin, les langues se délient. On parle ouvertement d’une remise dans le droit chemin de la politique étrangère et moyenne-orientale allemande qui, sous le chancelier Schroeder était jugée « molle » et floue tant l’Allemagne jouait à la fois la carte commerciale avec le monde arabe et multipliait les assauts d’amabilité à l’égard d’Israël. Bref, beaucoup de blabla pour peu d’actions concrètes.

Angela en pôle position

Angela Merkel semble, elle, privilégier le « je fais ce que je dis et je dis ce que je fais ». Elle l’a démontré en recevant le dalaï lama sans perdre de contrats commerciaux en Chine, en dépit des couinements de colère de Pékin. En Russie, la doublette Medvedev-Poutine a perçu le changement puisqu’elle était le premier chef d’État étranger à venir féliciter le duo pour sa victoire aux présidentielles russes.

Néanmoins, en ce qui concerne Israël, la politique allemande signifie aussi « qui aime bien peut parler fermement » comme tient à le souligner ce haut fonctionnaire allemand. C’est dans ce contexte que l’Allemagne a convié Israéliens et Palestiniens à participer à une conférence pour la paix à Berlin à la fin du mois de juin. Donc à quelques jours du début de la présidence française de l’Union Européenne qui débute le 1er juillet ! Ehud Olmert et Mahmoud Abbas ont déjà dit oui.

L’ami Sarkozy qui voit la France se faire chiper le leadership européen sur la question israélo-palestinienne appréciera d’autant plus que la secrétaire d’État américaine, Condoleeza Rice, a applaudi cette initiative des deux mains. Dans ce contexte, facile pour Angela Merkel de lâcher du lest quant au caprice d’Union Méditerranéenne de Nicolas Sarkozy…

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