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Panique à bord du système bancaire mondial

La situation du système bancaire mondial n’en finit pas de surprendre – en mal – les décideurs et les responsables des banques centrales. En augmentant brutalement ses taux en 2006 et 2007, la Réserve fédérale américaine a mis à nu une redoutable réalité. Les banques, après avoir prêté dans des conditions de plus en plus abracadabrantes, sont désormais extrêmement fragiles. La période de bas taux d’intérêt, si unanimement louée en son temps, a été, pour elles, une période à hauts risques car des taux bas signifient des rémunérations faibles et donc la nécessité pour accumuler les bénéfices de ne pas se montrer très regardants sur les prêts que l’on consent.

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Sarko ira chercher la croissance
© Nardo

Conscients de ces problèmes, les banquiers ont essayé de les contourner en livrant leur destin à de jeunes et brillants mathématiciens, enchaînant calculs de probabilité sur calculs de probabilité. Sauf que les calculs les plus sophistiqués ne rendent pas les clients solvables. Le seul apport réel des traders et autres maîtres des calculs incompréhensibles est d’avoir transmis les risques de banque en banque dans un jeu de jet de patates chaudes qui se voulait sans fin. En faisant monter ses taux, la Réserve fédérale a sifflé sans même s’en rendre compte la fin de la partie, laissant entre les mains d’une multitude d’acteurs d’invraisemblables ardoises.

Comment cela peut-il se terminer ? À l’origine des drames à venir, il y a une création monétaire sans limites qui devait conduire à une croissance sans limites et qui va engendrer une inflation féroce. Mais cette inflation va se combiner avec la fin de l’argent facile et la correction indispensable sur le plan monétaire va avoir deux conséquences tangibles immédiates : les banques vont ralentir leur distribution de prêts et plonger l’économie dans la récession, si bien que le monde va connaître la stagflation des années 70.

C’est un expert en la matière qui l’annonce, à savoir Alan Greenspan, l’ancien grand manitou de la Réserve américaine. Après avoir trop distribué de dollars et suscité la crise actuelle, il annonce les pires moments à venir avec un détachement mêlant inconscience et cynisme. Deuxième conséquence, comme les Américains inondent la planète de dollars à cause de leur excès de consommation, pour calmer le jeu il va falloir réduire leur pouvoir d’achat : le nouveau président devra augmenter les impôts et rompre ainsi avec les grandes années de relance fiscale de Bush.

Et la France, dans tout cela ? Ses banques furent plus prudentes que leurs homologues américaines, ne serait-ce que parce que la politique monétaire de la BCE les y incitait. Pourtant, les ardoises réelles sont pour l’instant probablement masquées et elles vont peu à peu se révéler. La banque la plus plombée serait Natixis, c’est-à-dire la Caisse d’épargne, pourtant symbole de la gestion prudente d’un père de famille précautionneux. En attendant d’en savoir plus, la Banque de France multiplie les demandes d’information.

Christian Noyer, le gouverneur, a compris que ses déclarations annonçant que la Société Générale était plus solide que jamais avaient consterné une partie de la place. Il cherche donc une nouvelle occasion de faire le point sur ce qui se passe à Paris de façon à corriger son image de marque. C’est urgent s’il ne veut pas paraître aux yeux de la finance internationale soit faible soit faible d’esprit.