Vous êtes ici
Les démocrates birmans veulent séquestrer Total
Les démocrates birmans et le réseau de militants européens qui les soutiennent pour chasser la junte militaire au pouvoir en Birmanie se sont réunis à Genève du 14 au 16 mars dernier. L’événement avait son importance, comme en atteste la venue de Sein Win, Premier ministre du gouvernement birman en exil et cousin de la Prix Nobel de la Paix, Aung San Suu Kyi. Objectif : mettre en œuvre tout ce qui peut amener les généraux à ouvrir un vrai dialogue avec les démocrates. Tout en respectant la ligne non-violente prônée par Aung San Suu Kyi.
D’où le choix stratégique de frapper la junte là où ça fait mal : au portefeuille. Les généraux birmans se repaissent en effet de l’argent du gaz exporté par leur pays. Si la mise en place de sanctions économiques efficaces est une priorité que l’Union Européenne reconnaît, elle n’est hélas pas respectée. La faute à qui ? À la diplomatie française qui s’obstine à exclure les hydrocarbures du domaine des sanctions pour protéger la firme Total, omniprésente et omnipuissante en Birmanie.
Mise en place d’un compte-séquestre
Qu’à cela ne tienne ! Les démocrates birmans comptent organiser des campagnes de lobbying auprès des gouvernements des pays membres de l’ONU pour qu’ils soutiennent la mise en place d’un compte-séquestre où les revenus gaziers seraient versés sous surveillance internationale. Ce dispositif, prévu par la charte des Nations Unies, oblige les parties en conflit à s’accorder sur le déblocage des fonds. De quoi faire courir ventre à terre les généraux à la table des négociations !
Quant au pétrolier Total, reconnu comme étant le premier fournisseur de devises de la junte, et pour longtemps encore, il sera également la cible des démocrates birmans. Outre un joli tapage médiatique à l’échelle européenne pour dénoncer son rôle en Birmanie, fort est à parier que des militants se feront un plaisir de manifester bruyamment devant ses stations-services, comme c’est déjà le cas au Royaume-Uni.
À lire ou relire dans Bakchich :




