Vous êtes ici
Des armes chinoises pour le Zimbabwe
Gérard de Villiers va avoir de quoi écrire un nouveau SAS qui aura comme décor l’Afrique, sa nouvelle donne géopolitique et d’agressifs services secrets chinois. Le régime à bout de souffle de Robert Mugabe (28 ans de règne sans partage mâtiné de marxisme à ses débuts et d’anti-occidentalisme maintenant) n’a pas réussi à terroriser et frauder suffisamment pour remporter les élections de fin mars, mais il se prépare pourtant à durer.
Avant même la publication des résultats des élections législatives, les généraux de la police et de l’armée lançaient un avertissement en faisant savoir qu’ils n’accepteraient pas une victoire de l’opposition. Ensuite Robert Mugabe, qui n’aime pas les formules politiques ambigües, a déclaré qu’il mourrait au pouvoir. Enfin, pour confirmer ses dires, un navire chinois, le « An Yue Jiang », a accosté à Durban, en Afrique du Sud, le 14 avril, avec à son bord une cargaison d’armes à destination de Harare. Comme d’habitude, les autorités sud-africaines ne font pas de commentaires, hormis confirmer la présence de ce navire dans leurs eaux.
La Chine fournit des armes aux dictateurs africains
Après avoir escamoté les résultats défavorables des élections présidentielles, la dictature de Robert Mugabe se prépare donc à une épreuve de force avec la rue acquise à l’opposition, grâce au soutien matériel non plus de l’URSS comme à l’époque de la Guerre Froide mais de la Chine. Après le Soudan et l’Angola, la Chine s’est rapproché du Zimbabwe au fur et à mesure que ce pays s’enfonçait dans une crise économique et politique profonde. Beijing est devenue en quelques années le premier partenaire commercial du Zimbabwe (on y exporte même de la viande au moment où le pays est en disette permanente), le seul investisseur et le premier fournisseur d’armes de l’armée zimbabwéenne dans le cadre de la Look East Policy de Robert Mugabe.
En Afrique, les deux principaux Etats criminels (le Soudan et le Zimbabwe) savent qu’ils peuvent compter sur le gouvernement chinois qui satisfait d’un seul coup ses intérêts économiques (accéder aux ressources naturelles nécessaires à son marché) et ses intérêts politiques (se poser en défenseur/aideur du Sud face aux conditionnalités scandaleuses – droits de l’Homme, démocratie, bonne gouvernance - du Nord).
En pleine polémique des J.O., Beijing n’en continue pas moins à collectionner les dictateurs africains et à leur expédier des armes pour pérenniser leurs régimes de terreur… Ceci pour rappeler aux activistes des droits de l’Homme que le Tibet n’est pas la seule victime actuelle de la politique chinoise.



