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Les pouvoirs maghrébins en pétard contre Ménard
Robert Ménard et RSF n’ont jamais ménagé leurs efforts pour dénoncer les vacheries et autres coups bas du régime marocain contre la liberté de la presse et en particulier contre les médias indépendants. L’un de ses faits d’armes reste incontestablement la tenace campagne menée pour la libération du journaliste Ali Lmrabet, embastillé en 2003 pour s’être moqué de Mohammed VI. Communiqué sur communiqué, relais auprès des grands médias internationaux, manifestation musclée au bas des pistes de ski de Courchevel où M6 se prélasse…
Tout a été bon pour faire libérer Ali Lmrabet. Robert Ménard s’est mouillé et a pris des risques. Idem lors des grands procès intentés contre les hebdomadaires Tel Quel et Le Journal. Il cogne dur et, au Maroc, on le lui rend bien par médias aux ordres interposés. Ainsi, un hebdomadaire marocain réputé pour inventer des histoires à partir de procès-verbaux d’une police abonnée aux rapports d’Amnesty International a même osé la rime « Ménard-connard ». Amis de la poésie, bonjour !
Robert Ménard a peut-être la dent dure contre le royaume enchanté du Maroc, il y passe toutefois ses vacances. Surtout à Fès, où il a ses habitudes et de bons amis. Les petits moustachus de la Direction de la Sécurité du Territoire (DST) entrent même en transe à la seule évocation de son nom et le suivent à la trace, allant jusqu’à insonoriser les chambres d’hôtes où il pose ses bagages. Mais Ménard est toléré. On ne peut pas en dire autant en Tunisie où il est persona non grata. Impossible pour lui de fouler le sol tunisien. Pour autant, l’ami Robert ne lâche pas le morceau.
À chaque dérapage du régime dictatorial du président-à-vie Ben Ali (et Dieu sait qu’ils sont nombreux), RSF dégaine un communiqué qui fait mouche. Tabassage de journaliste par la flicaille locale, menaces téléphoniques, emprisonnement, procès pour diffamation, censures en tous genres… RSF avait même défendu une ancienne journaliste de Bakchich expulsée manu militari de Tunis par les sbires de Ben Ali. À elles seules, les pages Tunisie du site web de RSF sont un condensé des graves dérives du pays du jasmin et de la torture.
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