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Le Medef indigné par le projet de taxation du capital annoncée par Nicolas Sarkozy

Pas d’arrivée en parachute pour Laurence Parisot comme précédemment annoncée, eu égard, selon la présidente du Medef, aux récents dérapages de la politique étrangère française en Afghanistan, mais c’est aux côtés d’Abdallah II de Jordanie qu’elle déclare ouverte l’université, mercredi 27 août. Deux bonshommes dans l’assemblée au costume cintré commentent amèrement la présence du roi « Penser en grand… Penser en grand… Fallait déjà pas inviter le roi de Jordanie. Tu sais ce que c’est la Jordanie, t’es déjà allé à Amman ? »

À quinze heures trente les débats commencent. Devant un public majoritairement masculin et vieillissant -les jeunes doivent encore être à Ibiza-, trois grands patrons, deux hommes politiques et des hommes de culture vont essayer de répondre à la fameuse question : « La France joue-t-elle dans la cour des grands ? » Angoisse du déclinisme, nostalgie des temps meilleurs ou simple lubie ? Débat largement étayé ces dernières année. Et soporifique à vrai dire. Les grands patrons (Jean-Bernard Lévy pour Vivendi et Xavier Huillard pour Vinci) sont pour privatiser ce qui reste à privatiser et alléger le poids administratif qui pèse sur les entreprises françaises. Rien de neuf. Mis à part M. Lévy qui ne peut laisser passer ce petit cadeau de rentrée qu’a laissé Sarkozy aux grands patrons : Cette petite taxe sur les revenus du capital afin de financer le RSA. « Quand il y a un problème en France, on taxe. C’est un frein à la croissance et un frein à l’innovation. (…) Il faut arrêter l’interventionnisme de l’Etat si on veut rester dans la cour des grands. » Luc Chatel, secrétaire d’Etat chargé de l’Industrie et de la Consommation et porte-parole du gouvernement, ne répond pas directement.

Nico des bois en reconquête au Medef - JPG - 123.4 ko
Nico des bois en reconquête au Medef
© Nardo

Mais profitant de son argumentaire pompeux sur « la volonté » qu’a le gouvernement d’ « assumer un message de conquête », il replace l’Etat dans son rôle de soutien à l’économie. Comme exemple, il prend tout naturellement le projet de la loi Olivennes sur le téléchargement illégal. Une manière de dire à Monsieur Lévy de Vivendi, numéro un de l’industrie du disque, de ne pas pousser le bouchon. S’il va vendre des disques prochainement, c’est grâce au gouvernement.

En fait Juppé, il est cool !

Et puis il y a Juppé. En retard. Souriant. Détendu. En forme même le maire de Bordeaux. En très grande forme. Quelques vannes sur le Medef pour se chauffer. « Pour suggérer la baisse des prélèvements et la hausse des aides de l’Etat, le Medef est intarissable sur le sujet ». Mais pour faire la promo de Sarko, on peut quand même trouver meilleur. Les Français sont moroses selon Alain, en effet « 67% des Français, selon un sondage récent, sont pessimistes sur leur avenir, soit 20 % de plus en un an. » Un an, c’est rien, c’est beaucoup mais c’est surtout l’intronisation de Sarkozy à l’Elysée.

Il enfonce le clou. Afin d’être dans la cour des grands, il faut… « mener une politique altermondialiste ». Quoi !! Juppé dans les basques de Bové ?? Imaginez l’ancien Premier ministre avec une moustache ! Ah le gag ! « Non, entendons-nous bien, nous ne pouvons pas nous contenter du monde dans lequel on vit. (…) On ne peut plus se permettre de perdre le contrôle sur le monde financier. Il faut humaniser et réguler le capitalisme. » Waou ! Et Juppé continue de se lâcher. Le déclinisme est lié à « cette idée de repentance perpétuelle. Nous nous repentons de tout. A se demander de quoi encore nous nous sommes pas repentis ! » Un journaliste algérien a été heurté par ces mots semble-t-il. Il a demandé habilement s’il n’y avait pas deux poids deux mesures entre la volonté de la France de vouloir que la Turquie reconnaisse le génocide arménien et les difficultés qu’a la France à reconnaître ses crimes notamment ceux perpétrés en Algérie et concernant la torture. Juppé moins à l’aise argue que la France fait mieux que les autres et que lui-même a fait construire un musée sur la traite négrière à Bordeaux. Comme ça, c’est dit. Un peu d’autopromo n’a jamais fait de mal.

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