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Le mauvais oeil de Lehman Brothers

Ce vendredi 19 septembre, la revue américaine Institutional Investor (II), une des « Bibles » de la haute finance mondiale a mis en ligne les résultats de son célébrissime classement annuel 2007 des meilleurs professionnels des métiers de l’argent, 17ème du nom.

Comparée à cette manifestation, la remise hollywoodienne des Oscars semble aussi ringarde que la foire annuelle au pain d’épice de Saint Flexin-lez-Fougerolles… Toute la communauté financière retenait son souffle. Pour sa dernière livraison, la revue avait mis le paquet : dans la catégorie « meilleure équipe américaine d’analystes – Revenus Fixes », elle avait interrogé 1330 gestionnaires de fonds et analystes financiers choisis dans 490 institutions financières gérant plus de 11 trilliards ( !) d’actifs à revenu fixe, un joli pactole quand même…

Et le verdict est tombé : Il fait l’effet d’une bombe. C’est chez Lehman Brothers, en faillite depuis l’avant-veille, qu’on a trouvé en 2007 et pour la neuvième année consécutive, la meilleure équipe d’analystes financiers dans la catégorie. Au titre de leurs prévisions pour 2007, les grosses têtes de Lehman sont montées 47 fois sur le podium, dont 16 fois sur la plus haute marche. Mieux encore, dans la sous-catégorie dite « haut rendement » qui demande vraiment d’avoir un organe qui tourne vite et bien entre les oreilles, les employés de Lehman ont triomphé 5 fois : Jeffrey Harlib sur le secteur de la technologie, David Sharret – un nom prédestiné – dans le secteur des services de télécommunication, Gary Stromberg qui surveillait le secteur de l’énergie et Reza Vahabzadeh, « pape » des secteurs des biens de grande consommation, de l’alimentation et des boissons. Il va hélas en avoir besoin…

Preuve que quelque chose ne tournait pas rond chez Lehman, alors que ses analystes triomphaient, ses gestionnaires de fonds eux, ne prenaient que la 36ème place pour le volume des fonds gérés dans la catégorie « Revenu Fixe » avec un « modeste » montant de 76,2 milliards de dollars de fonds en gestion, dont seulement –on respire- 859 millions de dollars d’actifs non américains. La banque ne cassait donc pas des briques en dépit du coup d’œil –le mauvais ? – de ses spécialistes. La boite avait sous la main, la crème des prévisionnistes financiers et a donc décidé de leur accorder qu’une confiance limitée lorsqu’il s’est agi d’investir selon leurs recommandations. Gageons que les garçons n’auront pas de mal à se recaser chez les concurrents. Au fait, la seconde meilleure équipe d’analystes dans la catégorie « Haut rendement » d’après Institutional Investor est celle de Bank of America Securities qui précède d’une courte tête celle de Goldman Sachs & Co. Si les mêmes causes produisent les mêmes effets, le personnel des lauréats des médailles d’argent et de bronze ainsi que les grands argentiers planétaires ont vraiment du souci à se faire…

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