Vous êtes ici

Hillary Clinton, secrétaire d'Etat d'Obama ?

L’Associated Press vient de confirmer que Hillary et Barack Obama se sont rencontré en secret jeudi après-midi à Chicago.
La nouvelle a de quoi surprendre : Hillary Clinton pourrait bien devenir la Secrétaire d’État de Barack Obama et ainsi succéder à Condoleeza Rice. L’idée qu’Obama puisse offrir ce poste clé à son ancienne rivale des primaires est d’autant plus crédible que le « scoop » venait d’une journaliste expérimentée aux sources excellentes. Andrea Mitchell, 62 ans, est correspondante en chef du service étranger de la chaine de télévision NBC depuis 14 ans. La journaliste appartient à l’establishment de Washington (elle est mariée a Alan Greenspan, l’ancien chef de la Fédérale Reserve.) D’ailleurs, Mitchell a cité « deux proches conseillers d’Obama » comme source d’infos.

Hillary has a dream - JPG - 72.2 ko
Hillary has a dream
© Nardo

Il n’y a pas eu beaucoup de fuites de la part de l’équipe de transition d’Obama, pas plus que pendant sa campagne. Alors, il est d’autant plus intéressant qu’aujourd’hui, Hillary a été vu à bord d’un avion en direction de…Chicago, la ville ou l’équipe de transition d’Obama a son QG. Interrogé sur la possibilité d’un rendez-vous avec le nouveau Président, qui travaille actuellement a Chicago, le porte-parole d’Hillary a seulement répondu qu’elle s’y rendait pour « des raisons personnelles ». Interrogé par Andrea Mitchell, des proches d’Hillary ont en revanche affirmé qu’il était « fort possible » qu’elle accepte de devenir la Secrétaire d’État d’Obama. Un poste à la hauteur des ambitions d’Hillary. Pour une personne qui a frôlé la présidence, redevenir un sénateur parmi 100 n’est guère aussi attirant que de jouer sur la scène mondiale.

Un coup de Poker

Indice supplémentaire : quand Obama était interrogé en janvier par la chaine de télévision CBS sur le livre de chevet (a part la Bible) qu’il pensait « essentiel » pour un nouveau président, le candidat démocrate a répondu Team of Rivals (Équipe de rivaux) de l’historienne présidentielle Doris Kearns Goodwin. Elle y raconte comment le Président Abraham Lincoln, en formant son gouvernement en pleine crise nationale, a pris dans son équipe ses opposants et ceux qui s’étaient présentés contre lui à la présidence. Un livre qualifié par Obama de « remarquable étude des qualités de dirigeant ».

S’il s’avère que le scoop d’Andrea Mitchell est vrai, ce sera un coup de poker majestueux de la part d’Obama. Pendant les primaires, Hillary avait traité Obama de « naïf » sur la question des affaires étrangères parce qu’il prônait des négociations avec le président iranien Ahmadinejad et autre Kim-Jong Il. Les divisions dans le Parti démocrate nées de ce combat amer du printemps des primaires seront balayées si Hillary devient chef de la diplomatie américaine. Un geste qui ne permettra pas à la sénatrice newyorkaise de se présenter contre Obama en 2012 si son premier mandat est coulé par la crise économique ou un désastre en politique étrangère.

Avec Hillary, Obama aura une personne mondialement connu, et qui a déjà rencontré personnellement beaucoup des grands de ce monde. Elle est forte et tout a fait capable de tenir tête a un type comme Vladimir Poutine. Avec Hillary, Obama, en bon politicien, réalisera un immense succès de comm’ à zéro frais financier au moment ou le portefeuille gouvernemental est vide. C’est son premier grand pas vers sa propre réélection.

Kerry et Richardson sur les rangs

Deux autres noms circulaient cette semaine avant le rapport sur Hillary pour le poste de Secrétaire d’État. Premier d’entre eux, le Sénateur John Kerry du Massachusetts, candidat démocrate à la présidentielle de 2004 qui a lui-même pas mal d’expérience dans ce domaine (si le choix d’Obama ne porte pas sur lui, dans l’ordre hiérarchique du Sénat, Kerry, qui est francophone, deviendra le président de la Commission des Affaires étrangères sénatoriale en janvier 2009). L’autre possibilité dont on parle beaucoup depuis une semaine, Bill Richardson, l’actuel gouverneur de l’état du Nouveau Mexique. Un Latino (sa mère était mexicaine), ancien candidat présidentiel dans les primaires, ancien ambassadeur a l’ONU de Bill Clinton, et un ancien membre du Congrès où il s’était distingué par ses missions pour obtenir la libération des otages par Saddam Hussein et autre dictateurs (ses voyages de paix en Corée du Nord, au Soudan, à Cuba… l’ont valu d’être nominé trois fois pour le Prix Nobel de la Paix).

Kerry et Richardson seraient bien sur des Secrétaires d’État crédibles. Mais s’il nomme Hillary, Obama créera un événement global.

À lire ou relire sur Bakchich.info :


À peine élu président des États-Unis, Barack Obama compose sa nouvelle équipe. Douche froide garantie pour ceux qui voulaient du « changement », du vrai.

Barack Obama devient le 44ème président des Etats-Unis. Blacks, blancs, Latinos… L’Amérique s’est unie derrière le candidat démocrate qui est le premier Noir à entrer à la Maison-Blanche.

Comme le pressentait notre chroniqueur Doug Ireland, le représentant de l’Illinois au Congrès, Rahm Emanuel, un proche de Barack Obama, a accepté de devenir secrétaire général de la Maison Blanche.

Des chantiers de taille attendent le nouveau président. Crise économique, Irak, Afghanistan… Sur ces dossiers, Obama a multiplié les promesses. Décryptage des premières mesures à prendre.

Un faucon anti-Iran pourrait bien hériter du poste de secrétaire d’Etat dans la future administration Obama si le démocrate est élu le 4 novembre. Le récit de « Bakchich ».