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Grand pardon du Gabon

Jamais avare de grand pardon, le président du Gabon, Omar Bongo, ne se fâche jamais trop longtemps. Une belle qualité, d’autant que les dernières rumeurs qui courent à l’Elysée disent ses jours comptés. « Passera pas l’hiver », ose même une vieille concierge des Palais africains.

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Le mollah Omar
© Mor

Au moins l’homme n’est-il plus fâché avec la cellule Afrique de l’Elysée, dirigée par Bruno Joubert. Mis en poste par Sarko Ier pour officiellement « squizzer » les réseaux parallèles et la Françafrique en général, Joubert a dû manger son chapeau. Ou du moins le grignoter, avec le retour en grâce de l’intermédiaire Robert Bourgi. Une situation fort peu confortable. D’autant qu’Omar Bongo, grand protecteur de Robert Bourgi, pilier de ce qui reste de l’influence française en Afrique, le boudait. Vexé et se sentant un brin visé par le « grand toilettage » dont le diplomate avait reçu la charge. Mais, à l’approche des fêtes de fin d’année, Petit Papa Bongo ne boude plus. Selon nos informations, le patron de la cellule Afrique a même été invité à Libreville pour une audience au Palais du Bord de mer, la présidence gabonaise. Un dégel qui s’accompagne d’un adoubement de M. Fils à l’Elysée.

Comme l’a révélée La Lettre du continent – toujours pillée, jamais citée –, Ali Bongo, ministre de la Défense de son père, a été bien gentiment reçu au château, le 21 octobre dernier. Une réunion de travail avec le Président Sarkozy, le secrétaire général Claude Guéant, et l’incontournable Robert Bourgi, suivi d’un déjeuner avec Bruno Joubert.

Autant de prévenances auxquelles n’a jamais eu droit l’autre successeur potentiel d’Omar Bongo, M. Gendre, alias Paul Toungui. L’époux de Pascaline Bongo, fille favorite d’Omar, n’a plus le vent en poupe depuis son déménagement du ministère des Finances vers les Affaires Etrangères. Et lors de son dernier passage à Paris, pour l’assemblée annuelle de la Grande Loge Nationale de France (GLNF), Toungui a vu élever son fils au grade de compagnon. Seule satisfaction. Ses demandes d’audience à l’Elysée n’ont pas abouties. La saga Borgia au Gabon continue.

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