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Gabon, la saga Borgia continue

Petit par la taille, fort par le talent et les ressources, le petit émirat pétrolier d’Afrique centrale, le Gabon, continue d’animer la si colorée vie du village franco-africain.
Déclarée depuis déjà quelques années, la guerre de succession pour prendre le poste d’Omar Bongo, doyen des chefs d’Etat africains, a pris ces derniers mois une nouvelles tournure.

Pas la faute des participants, M.Gendre, alias Paul Toungui, ex-ministre des Finances devenue patron des Affaires étrangères, compagnon de la fille préférée Pascaline Bongo, éternelle directrice adjointe de cabinet du « mollah », et M. Fils, alias Ali Bongo, toujours ministre de la Défense et avançant ses pions avec hardiesse.

Non, les intervenants sont connus. En revanche l’état de santé – et de nerf – de Petit Papa Bongo est sujet à toutes les enchères.

Le doux soleil de Rabat

Après son alerte de fin novembre, promis, le maître de Libreville était donné « partant » avant la fin de l’année. Raté. « On a l’air malin avec nos annonces maintenant », peste une jeune concierge des palais africains.

En revanche, la longue veille d’Omar, à Rabat, depuis plusieurs semaines désormais, auprès de Maman Edith Bongo, sa femme, a un peu rebattu les cartes.

« Pascaline gère le pays depuis que le Président est à Rabat et elle essaie de contrecarrer les plans de son frère », jure un vieil habitué du Palais du Bord de Mer.

Comme l’avait raconté Bakchich, Ali a en effet pris un peu d’avance dans la course à la succession. En nettoyant l’armée, puis en étant reçu à l’Elysée, quand le mari de Pascaline n’y est pas encore parvenu.

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© Nardo

Alors, Mademoiselle Bongo a choisi de changer son fusil d’épaule. Et d’endosser un autre cheval, la défense de son petit Papa contre la méchante justice française qui fouille dans ses appartements parisiens. Et l’accuse d’avoir – ô horreur – mal acquis ces biens via du détournement de fonds publics… Une insulte à la générosité de Petit Papa tout comme un acharnement judiciaire « contre un vieil ami de la France ». La première enquête préliminaire, classée sans suite, a d’ailleurs révélé qu’une Mercedes Benz « classe E 55 », avait été gentiment offerte à Pascaline… Grâce à un chèque de 75 858 euros tiré de la trésorerie paierie générale du Gabon à Paris.

Bref, l’honneur familial et paternel est en jeu. Et, bonne fille, Pascaline a décidé de prendre le taureau par les cornes. En décembre, les émissaires de son frère Ali, dont l’énigmatique Mickaël Moussa, ont échoué à faire se calmer presse, justice et à imposer à l’Elysée une intervention. Qu’à cela ne tienne, les hommes de Pascaline s’activent actuellement dans la capitale pour demander aux scribouillards de lever le pied. Tout frais dépêché, l’ancien patron d’Air Gabon, Jérôme Angouo, trime actuellement pour que les braises de la nouvelle enquête sur les biens mal acquis ne s’embrasent… Et Pascaline multiplie les allers-retours entre Libreville et Paris.

Tout fout le camp

Pas sûr qu’elle connaisse plus de réussite que son petit frère. D’autant que l’habituel M. bons offices, Robert Bourgi, qui assure depuis des lustres l’interface entre le Palais du bord de mer et l’Elysée, a décidé de se reposer un peu. « Sarko l’avait prévenu quand il lui avait remis la légion d’honneur, qu’il ne fallait pas trop qu’il prenne la lumière, il a pris un coup de chaud », s’amuse un habitué du marigot françafricain.

La ligne entre Paris et Libreville n’en finit d’ailleurs plus de grésiller. Le 7 mars, le bureau du Parti démocratique gabonais, qui ne bouge pas une oreille sans en avertir Papa Bongo, a invité « instamment le gouvernement et le Parlement gabonais à réexaminer en profondeur les accords de coopération entre la France et le Gabon ». Et dénoncé au passage « un acharnement judiciaire marqué par une série de plaintes successives contre le président-fondateur » Omar Bongo Ondimba, « ses collaborateurs et sa famille, au mépris du sacro-saint principe de l’autorité de la chose jugée ». Mieux, Angèle Ondo, la porte-parole du parti, a savamment parlé d’opérer « une rupture d’ailleurs préconisée par les plus hautes instances françaises ».

Quant aux vieux français qui goûtent depuis longtemps aux clandos et maquis de la montée de Louis, « ils s’inquiètent ». « Même l’entourage proche de Bongo parle de représailles. Ce ne serait jamais arrivé sous Villepin et Chirac ». On en est là…

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