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Européennes : les bien-euros de la campagne

Daniel Cohn-Bendit exulte. Jean-Luc Mélenchon savoure. François Bayrou espère. Dans cette campagne européenne, l’élection des euro-députés, les chefs de file des listes Europe Ecologie, du Front de Gauche (FG) et du MoDem sont en passe de se faire une très jolie place sur l’échiquier politique national, au détriment de la gauche de la gauche et du Parti socialiste.

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Jean-Luc Mélenchon est en passe de réussir son pari avec le Front de Gauche
©Oliv’

Les trois hommes n’ont pas ménagé leurs efforts pour enchaîner meetings, réunions sur le terrain, interviews dans les médias… Il faut dire que pour ces trois formations politiques, ces élections européennes sont déterminantes. Non en elles-mêmes mais comme première étape d’un plan politique à plus long terme. Pour le président du MoDem, un bon score au soir du 7 juin l’installerait comme la troisième force politique du pays et lui permettrait de se positionner pour la prochaine présidentielle, en 2012. Un score avoisinant les 15 %, ce dimanche, sonnerait aussi comme la confirmation que son socle électoral de mai 2007 est intact. Aujourd’hui crédité de 11 à 13%, selon les dernières enquêtes d’opinion, l’actuel député attend de juger le score du PS. Plus ce dernier est faible, plus le président du MoDem peut espérer se rendre incontournable pour les régionales de 2010… et bien sûr pour la présidentielle de 2012 !

Cohn-Bendit fait un tabac

Sauf si les listes d’Europe-Écologie conduites par Daniel Cohn-Bendit viennent grignoter son avance en prenant la troisième part du gâteau électoral ! Selon un sondage TNS Sofres/Logica publié hier, Europe-Ecologie obtiendrait 13,5% des suffrages, derrière l’UMP et le PS mais devant les listes du MoDem créditées de 11% des intentions de vote. De quoi annoncer une sacrée bagarre, dimanche 7 juin, pour obtenir la troisième place du podium et la médaille de bronze. Hier soir, les hostilités ont commencé sur le plateau d’« À vous de juger » sur France 2 : François Bayrou et Daniel Cohn-Bendit se sont lancé quelques invectives - « ignoble », « minable » - au cours de l’émission. Ambiance…

En Ile-de-France, le tandem Daniel Cohn-Bendit - Eva Joly talonne de très près les listes du PS. Au point de faire trembler son candidat, Harlem Désir, et de menacer la réélection du porte-parole du parti, Benoît Hamon, qui figure en troisième position. Daniel Cohn-Bendit, qui a le vent en poupe, peut, lui, espérer emporter 11 sièges, soit presque le double de ce que les Verts avaient décroché aux dernières européennes, en 2004. Dans ce contexte, les Verts pourraient faire monter les enchères politiques aux prochains rendez-vous électoraux, pour négocier leur ralliement à un PS qui aura bien besoin d’eux !

L’enjeu à la gauche du PS

Le tandem formé par l’ex-socialiste et co-fondateur du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, et la communiste Marie-George Buffet autour du refus du Traité de Lisbonne est, lui aussi, en mesure de réussir son pari : installer un nouveau rapport de force sur cette partie de l’échiquier politique, avec le PS de Martine Aubry et le NPA d’Olivier Besancenot.

Aujourd’hui crédité de 6-7% selon les derniers sondages, devant le Nouveau Parti anticapitaliste (5,5%), le Front de Gauche peut espérer - si ce score se confirme dimanche - pérenniser ce tandem aux prochaines élections. Voir l’élargir à d’autres formations politiques. Même si pour réussir, Mélenchon devra convaincre Besancenot… « Si on passe devant l’extrême gauche, c’est sûr et certain qu’à la prochaine élection, on sera tous ensemble », assurait tout content le sénateur de l’Essonne, Jean-Luc Mélenchon, le 1er juin sur France Info.

Et hop, devant le NPA

Après avoir été sollicité par le duo Mélenchon-Buffet pour les rejoindre, le NPA avait décliné la proposition. Pour Olivier Besancenot, cette « alliance de circonstance » risquait de déboucher sur une nouvelle union de la gauche avec le Parti socialiste. Le choix du NPA est aujourd’hui critiqué par nombre de militants de gauche qui estiment qu’à trois, le Front de Gauche aurait pu faire carton plein. Pour Jean-Luc Mélenchon, candidat dans le Sud-Ouest, la question n’est plus à l’ordre du jour. Désormais, « le dialogue avec les autres organisations de gauche n’est pas notre opportunité », a lâché l’intéressé sur France Info. L’objectif pour lui est simple : passer devant le NPA au soir du 7 juin, pour s’imposer comme la seule figure capable de fédérer la gauche du PS.

Attention, faites vos jeux… rien ne va plus !

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