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Total travaille en silence en Birmanie

Ni Total, ni son partenaire américain Chevron n’ont publié de communiqué démentant les graves accusations sur les conséquences de leurs activités en Birmanie. Le 10 septembre, l’ONG Earth Rights International (ERI) dans deux rapports d’enquête solidement documentés affirme que le consortium Yadana, piloté par TOTAL a délibérément enrichi de 5 milliards de dollars les généraux birmans sur des comptes "off shore" dans 2 banques singapouriennes, au détriment du peuple birman. En outre, contrairement aux allégations de TOTAL (et de Chevron), les pratiques habituelles de l’armée birmane, à savoir réquisition de travailleurs forcés, vols, violences diverses etc ont toujours cours dans la zone du gazoduc, qui draine depuis 15 ans (depuis la pose du gazoduc) une soldatesque particulièrement nombreuse.

Total plie mais ne rompt pas

 Seules les banques singapouriennes, l ’Overseas Chinese Banking Corporation (OCBC) et le groupe DBS ont publié des démentis, qui, toutefois, n’emportent pas la conviction. En effet, ne pas avoir assorti ces démentis de plainte en diffamation, est considéré dans l’île-Etat comme un quasi-aveu. Comme si, en cas de procès, les banques craignaient de voir produire un bordereau incontestable, prouvant l’existence de comptes bien garnis détenus par des généraux birmans (et leurs proches) dans leurs livres.

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La tête dans le baril
© G.

 Loin des rodomontades de son patron Christophe de Margerie au Parisien, , le dircom de TOTAL, Jean-François Lassalle, dans une déclaration à l’AFP s’est borné, non pas à démentir ERI, mais à dénoncer le rapport "exclusivement à charge" de l’ONG américaine. Il y relève en outre "des inexactitudes, des amalgames, des imprécisions ou des interprétations erronées" sans autre précision.

 Voilà qui valide les données chiffrées sur les revenus que TOTAL procure aux généraux birmans, que Bakchich donne à ses lecteurs depuis deux ans : Le gazoduc Yadana leur rapporte- et à eux seuls- une moyenne de 3 millions d’euros par jour . Entre un centième et un vingtième de ce montant entre dans les caisses de l’état birman, un record mondial !

Lire ou relire sur Bakchich :


Le patron de Total, Christophe de Margerie, ne ménage pas ses efforts de communication sur le rôle de Total en Birmanie. Pour masquer de peu glorieuses réalités ?
Total n’a pas d’influence sur la junte birmane. C’est en tout cas ce que claironnent son PDG Christophe de Margerie, notre président de la République et la spécialiste d’Amnesty International, Mireille (…)

Christophe de Margerie, le patron de Total, n’aime pas les critiques. Surtout quand elles concernent ses activités pétrolières en Birmanie, où il perfuse au compte-goutte la junte au pouvoir.

Jane Birkin demandait au patron de Total, Christophe de Margerie, d’accepter le contrôle de l’Onu sur la dîme qu’il versait à la junte birmane. Mais l’AFP n’a retenu que la réponse de De Margerie…