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Paris, otage des mollahs

À entendre le régime iranien, notre ministre des Affaires étrangères,
Bernard Kouchner, s’est montré particulièrement contre-productif en
multipliant les propos va-t-en-guerre. « Avec lui, le Quai d’Orsay a
définitivement fermé ses stores »
, vitupère Seyed Mehdi Miraboutalebi,
ambassadeur d’Iran à Paris. Un proche de Sarkozy confirme  : « Il ne
comprend rien aux Iraniens. Il ne comprend rien à rien. Et en plus, il se
prend pour la voix de la France  ! »

La diplomatie parallèle du grand vizir et secrétaire général de
l’Élysée
, Claude Guéant, a abouti au voyage éclair d’un des patrons
du renseignement intérieur à Damas. Ce chemin de traverse, via les
Syriens, a certes débouché sur une libération de Clotilde Reiss, mais
pas à son retour à la maison. Un demi-succès car, pour élargir la
donzelle, Téhéran réclame un dialogue direct avec l’Élysée qui
traîne des pieds.

Diplomatie sous cape

Objectif des mollahs  : contraindre Paris à aider Téhéran à définir
un cadre général de discussion, nucléaire compris. Et négocier quelques
faveurs comme la non-extradition vers les États-Unis d’un ingénieur
iranien, Majid Kakavand, arrêté à Roissy le 20 mars dernier. Recherché
par la justice américaine, il est accusé, comme l’a révélé le Figaro
Magazine, d’avoir acheté du matériel militaire aux États-Unis et de
l’avoir fait livrer à « des entités militaires » iraniennes. La
justice française doit bientôt se prononcer sur son sort. Par ailleurs,
le retour au pays d’Ali Vakili Rad, jugé en France en 1994 pour
l’assassinat de l’ex-Premier ministre du Shah, Chapour Bakhtiar, et
condamné à perpétuité, serait apprécié  : sa peine de sûreté de
18 ans s’achève…

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Tractations
© Ray Clid

L’ambassadeur d’Iran à Paris s’est démené tout l’été pour
porter la bonne parole de Téhéran à Claude Guéant, au Château. Il a
notamment rencontré Michel Rocard, bien vu par Téhéran pour avoir
fréquenté le clan de l’Ayatollah Khomeini pendant son exil dans les
années 70 en France. Mais comme souvent en matière d’otages, Paris
avait plusieurs fers au feu. L’Élysée a aussi lancé Robert Bourgi,
émissaire en Françafrique du même Claude Guéant, sur les traces de
Clotilde Reiss  : le père de Bourgi était un chiite libanais, ce qui
pourrait faciliter les discussions.
Et comme on n’est jamais trop prévoyant, deux proches de l’Élysée se
sont rendus en Israël, début septembre, pour évaluer les risques d’une
riposte de Tel-Aviv face aux tractations qui s’annoncent

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Les tractations pour la libération de Clotilde Reiss entre l’Iran et la France sont conditionnées par la libération de Majid Kakavand, ingénieur informaticien détenu à la prison de la Santé.