Vous êtes ici

L'antiterrorisme poursuit sa pêche sur le net

Dur d’être Français d’origine algérienne, et travailler comme physicien pour un centre de recherche nucléaire en Suisse… Suspecté d’ « association de malfaiteur en relation avec une entreprise terroriste », le Dr Adlène H a été appréhendé le 8 octobre avec son jeune frère Halim à Vienne (Isère) après une surveillance de plus d’un an par les équipes de la DCRI (Direction Centrale du Renseignement Intérieur).

Le cadet a finalement été remis en liberté 48h plus tard tandis que l’aîné a vu sa garde à vue prolongée. Les enquêteurs l’ont reconnu : le Dr Adlène n’a « pas commis d’actes matériels de préparation » pour perpétrer un attentat dans l’hexagone. Mais il en avait l’intention, ce qui suffit à incriminer selon la loi antiterroriste française. Et ils en ont la preuve. Virtuelle.

Ce « souhait » donc, de passer à l’acte, les services de renseignement l’ont décelé chez cet ingénieur de 32 ans. Ou plutôt dans ses communications Internet avec des membres du groupe algérien Al-Qaida dans les pays du Maghreb islamique (AMQI), que redoutent spécifiquement nos autorités. En l’occurrence, le Docteur surfait sur les forums de discussion de la mouvance radicale, dont les très « populaires » Al-faloja ou Al-Ikhlas, bien connus des djihadonautes de tous poils.

18 mois de cyber-traque

Sous pseudo, comme tous ses coreligionnaires électroniques, l’ingénieur se serait finalement « lâché » au fil des dix-huit mois de cyber-traque. Jusqu’à suggérer à ses destinataires, selon les enquêteurs, des exemplaires de « sites à frapper » en France. Bingo ! Voilà enfin la preuve « matérielle » que les limiers attendaient pour passer à l’action préventive.

Une belle revanche sur le zélé Mourabit Mouwahed, un membre sous pseudo loggé sur ces mêmes forums, qui avait surgi de la Toile en janvier 2008 avec une liste toute aussi chargée, pour menacer la France, au nez et à la barbe des policiers du cyber-espace qui ne l’avaient pas vu venir.

Comme l’avait révélé Bakchich ce cyber-dijhadiste recensait – déjà - les « sites les plus populaires et à haute valeur économique » que « les moudjahidines du Maghreb islamique » devaient considérer prioritairement pour « frapper la capitale croisée de la France », son maire compris.

Il est vrai que ce genre de post compte parmi les classiques de la tradition djihadiste online, et fait toujours un tabac auprès de la petite population concernée, traduit indifféremment dans la langue maternelle d’Oussama ben Laden ou de Molière.

Depuis la campagne pour les élections législatives allemandes de septembre 2009, sur fond de débat autour de l’engagement de l’Allemagne en Afghanistan, ce sont surtout nos voisins germaniques qui ont droit à ce traitement de faveur, avec effet de surenchère. A grand recours de Wikipédia et de Google earth, les lieux d’importance des grandes villes de la fédération sont passés au crible, comme autant d’options à méditer pour tous ceux que cela démangerait d’y poser une bombe, sous forme de suppositoire ou pas – la dernière trouvaille technologique d’Al-Qaida testée avec plus ou moins de succès en Arabie Saoudite…

Un otage « de valeur » en Somalie

En déduire qu’Angela Merkel pèse davantage en international djihadisme que Nicolas Sarkozy serait désobligeant. La France reste un facteur de mobilisation des réseaux. La preuve : un message contenant une liste de cibles potentielles contre l’hexagone, que Bakchich a trouvé sur ces forums. Mis en ligne précisément l’avant-veille de l’interpellation du fameux ingénieur.

Où il est question ici ni d’AQMI ou même Afghanistan, mais de Somalie et d’un certain « conseiller français pour la sécurité de haut niveau »… Autrement dit l’agent de la DGSE qui contrairement à son collègue sous pseudo Marc Aubrière enlevé avec lui le 14 juillet dernier à Mogadiscio, ne s’est pas encore « échappé » des mains de ses ravisseurs, le redoutable groupe somalien « Shebabs Al-Moudjahidins », qui vient de faire officiellement allégeance à l’organisation de Ben Laden.

Le très influent conseiller militaire auprès des dirigeants d’Al-Qaida (pseudo : Assad Jihad2), interrogé par un certain Ibadat Al-Samet, suggère une exploitation maximale par les « Shebabs » de cet otage « de valeur, comme l’ont reconnu les autorités françaises elles-mêmes » (sic). Pour maintenir une coopération totale avec les Etats-Unis dans la lutte contre Al-Qaida dans la région et la piraterie maritime, la France doit payer et se préparer « à se repasser les images des décapitations exécutées par l’Emir Abou Moussab Al-Zarqaoui [le responsable d’Al Qaida en Irak tué en juin 2006] pour se préparer à l’impact sur le peuple français quand il verra la tête de l’espion français posée sur son dos ».

Et si le Président Sarkozy n’en démord toujours pas, alors « le combat sera déplacé sur ses terres », rajoute Ibadat Al-Samet. Où ? Plusieurs options : la ligne TVG Paris-Lyon, l’aéroport Charles de Gaulle (décidément une constante) « pour son grand trafic », le musée du Louvre, ou encore le Château de Versailles, également très rentable puisque « facile à frapper, et visité chaque année par 10 à 14 millions de touristes ».

Lire ou relire sur Bakchich.info :


Fin de l’ère Bush et crise financière obligent, cette année, Al Qaida semble bouder l’anniversaire du 11 septembre 2001 et de la destruction des tours jumelles du World Trade Center.

Al Qaïda, l’ex-GSPC… Les nébuleuses du terrorisme tapent à bras raccourcis sur Nicolas Sarkozy et la France. L’une des éminences grises de la mouvance écrit même que « la France a repris le flambeau croisé de l’Amérique ». Du jamais (…)

Le ministère algérien de l’Intérieur l’a annoncé hier, dimanche 24 août, l’armée nationale vient de tuer dix islamistes armés, à Tarek Ibn Ziad (ouest d’Alger). La contre-offensive était prévisible, l’Algérie ayant vécu, du 14 au 20 août, une semaine (…)
Alors que le président Bush parade en Arabie Saoudite, en Irak, mais aussi au Liban et au Pakistan, l’administration américaine témoigne d’un aveuglement croissant et fait le choix du pire…

La nébuleuse terroriste d’Al Qaïda tente d’investir les territoires palestiniens avec l’appui du Hamas. Cette thèse, longtemps agitée par Israël pour justifier ses opérations militaires, est reprise maintenant par le président de l’autorité (…)

Le numéro deux d’Al Qaïda, Ayman Al-Zawahri, commence à y croire. L’investissement réalisé il y a peu par la holding Al-Qaïda sur le résiduel et moribond Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC) semble prendre consistance… Dernier (…)
Les Américains pensaient s’être débarrassé des méchants barbus d’Al Qaïda au Yémen. Raté ! L’organisation renaît de ses cendres et l’on compte déjà des victimes.

Les talibans afghans viennent de proférer des menaces contre Paris. Mais d’Al-Qaïda à l’ex-GSPC algérien, les nébuleuses du terrorisme tapent à bras raccourcis sur Nicolas Sarkozy et la France.