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Le Sénat fait le point sur la Chinafrique

Les parlementaires se passionnent pour la pénétration de la République Populaire de Chine en Afrique. Peur du « péril jaune » chinois –et non plus japonais- ou lèches-cul internationaux en mission élyséenne commandée ? Tous les intervenants se sont échinés à faire entendre qu’aucune hostilité n’existait entre la France et la Chine, et surtout pas sur l’Afrique.

Le directeur adjoint de la Direction Afrique et Océan Indien du Quai d’Orsay, Olivier Chambard, a souligné : « la vision très positive de la France face à la présence chinoise en Afrique ». Après trois heures de débat, un ancien député européen a renvoyé tout le monde dans les cordes et balayé toutes ces affirmations de principe : « il n’y a pas de compétition entre la France et la Chine en Afrique, on ne boxe pas dans la même catégorie ».

Comprenne qui pourra ! Car ces assertions tranchent rigoureusement avec les confessions de barbouzes françaises proches du dossier Chine-Afrique et qui considèrent désormais la Chine comme « un ennemi » à contrecarrer dans notre pré (carré également).

La Chine pèse comme bailleur de fonds

Cette rencontre a permis de fixer certaines données irréfutables. La Chine compte dorénavant en tant que grande puissance politique, économique et commerciale et défend ses intérêts sur le continent africain. Elle ne fait que jouer son rôle.

Elle est, depuis 2008, le premier partenaire commercial de l’Afrique du Sud, la plus grande économie du continent. Au premier semestre 2009, « la Chine a dépassé les Etats-Unis pour devenir la principale destination des exportations de l’Afrique du Sud », confirme une dépêche récente du Quotidien du Peuple, la Pravda chinoise. La dépêche précise que « le commerce global de la Chine avec l’Afrique a décuplé au cours des dix dernières années, atteignant 107 milliards de dollars l’an dernier, dépassant de très peu les Etats-Unis ».

De plus, Pékin joue sur le terrain traditionnel des pays occidentaux, en perte de vitesse : l’aide publique au développement. L’aide publique chinoise à l’Afrique se monte en effet à 2 milliards de dollars par an, ce qui équivaut à 10% de l’aide au développement en Afrique. La République Populaire doit être considérée comme un bailleur à part entière.

Raffarinades

Quelques saillies ont toutefois détendu l’atmosphère. Le premier à s’illustrer a été notre confrère Serge Michel (journaliste au Monde et co-auteur de l’ouvrage : « La Chinafrique : Pékin à la conquête du continent noir ») qui, montrant la photo d’un travailleur chinois muni d’une pelle, a lâché : « les Chinois sont plus efficaces à manier la pelle… », sous-entendu que les Africains. Gloussements nerveux dans la salle !

Mais la palme est revenue à l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Après avoir témoigné au procès Clearstream le matin même, le grand ami de la Chine devant l’éternel, arrivé à 12h20 bras dessus-bras dessous avec Quan Kong, -nouvel ambassadeur de la République Populaire de Chine en France-, y est allé de ses petites phrases.

Il n’a pu s’empêcher de passer une patine en règle à l’ex-président du Sénat Christian Poncelet, également grand ami de l’Empire et démineur en chef des relations sino-françaises. Parlant des convictions indéfectibles de Poncelet, sur la Chine sans doute, Raffarin s’est illuminé en lançant « qu’elles ne sont pas comme les feuilles mortes, prêtes à s’envoler à la première brise ». Raffarin, c’est un peu notre Lao Tseu à nous !

Enfin, "J.P.-les-bons-mots" a fait l’éloge dans une salle pas dupe du « goût du travail et de la discipline du peuple chinois ». À bons entendeurs, travailleuses et travailleurs chinois des laogai (camps de travail), Raffarin vous salue !

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Dessin Oliv’

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