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Guerre et paix, Kaboul à zéro

La capacité de résilience des Talibans a été sous-estimée. Après les avoir chassés à l’hiver 2001-2002, l’affaire était soit disant réglée. Et le maintien de la paix a été confié à quelques forces spéciales, à l’Alliance du nord, aux maigres contingents européens et à des mercenaires. Avec la maîtrise du ciel, une puissance de feu écrasante, le pays devait être tenu.

Une stratégie irresponsable dans un pays corrompu

Entre décembre 1979 et mars 1989, l’URSS disposait en Afghanistan de près de 120 000 hommes. Au rythme des relèves, Moscou a envoyé au total 900 000 soldats. En vain.

Fin 2009, huit ans après le début des opérations, l’OTAN déploie en tout un peu plus de 70 000 hommes. Autant dire qu’elle ne risque pas de gagner.

Bien entendu la guerre n’est pas qu’une question d’arithmétique. Du reste, selon le renseignement américain, les Taliban n’ont que 25 000 « réguliers ». Et l’armée afghane monte en puissance, claironne la com’ occidentale. C’est elle, souligne-t-on, qui doit gagner et protéger sa population.

Sauf que l’armée d’Hamid Karzaï n’est pas fiable. Les complicités entre policiers et Taliban se multiplient. Du reste pourquoi les soldats afghans se battraient-ils ? Le régime Karzaï est corrompu jusqu’à l’os.

Alors bien sur, il faudrait envoyer des renforts. Mais cela ne servirait sans doute à rien. Car ce ne sont pas les Talibans qui gagnent. Ce sont les occidentaux qui refusent le combat.

Face à un adversaire qui pratique la guérilla dans ses montagnes et le terrorisme en ville, la solution est connu. Depuis la guerre d’Algérie et la victoire -militaire- de la France… Du combat d’infanterie, du travail de flic et des actions civilo-militaires permettant de rallier les civils à sa cause.

La guerre rend amnésiques population et gouvernement

En Occident plus personne n’est prêt à assumer les corrollaires d’une telle guerre, pertes lourdes et bavures de l’antiterrorisme. Mais nul n’a le courage politique de dire que la guerre «  à zéro morts » est un mythe.

Les Soviétiques ont perdu. 15 000 morts. Près de 1 700 tués par an. L’ensemble de la coalition occidentale a perdu 1 500 hommes en huit ans. Même pas le tiers du bilan annuel des accidents de circulation en France. Des accrochages comme celui d’août 2008, au cours duquel dix soldats français sont morts en Afghanistan, étaient hebdomadaire durant la guerre d’Algérie. Souvent des appelés. Qui songeait alors à porter plainte ? Quel homme politique, de droite ou de gauche, évoquait un retrait des troupes ?

Nous sommes des consommateurs. Nous refusons la moindre erreur médicale, cultivons le dogme du principe de précaution, érigeons le respect de la vie en absolu. Nous n’avons plus l’étoffe du guerrier. Encore faut-il, sans que ce qui nous reste d’honneur ou de «  fierté virile » en souffre, l’accepter. Et en tirer les conséquences.

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