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La peine de Khalid confirmée en appel
Après maints reports, la cour d’appel de Casablanca a finalement confirmé mardi 29 décembre la peine de 4 ans de prison avec sursis prononcée en octobre contre Taoufik Bouachrine, le directeur du quotidien Akhbar Al Yaoum et le caricaturiste et collaborateur de Bakchich Khalid Gueddar.
Le 26 septembre, Akhbar Al Yaoum avait publié un dessin de Khalid, une caricature d’un membre de la famille royale, le prince Moulay Ismaïl, cousin du roi Mohammed VI, sur fond de drapeau marocain.
La cour d’appel a également confirmé les amendes de 50.000 dirhams (environ 4.400€) prononcées contre chacun des deux journalistes pour "atteinte à l’emblème du royaume".
La cour d’appel avait confirmé les amendes de 3 millions de dirhams (270.000€) de dommages et intérêts à verser solidairement au prince, pour manquement au respect dû à un membre de la famille royale, ainsi que "la fermeture définitive des locaux" du journal. Mais le prince a dispensé les condamnés du versement des amendes, selon Me Kettani, du barreau de Casablanca.
Bakchich continue bien sûr de les soutenir.
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De l’usage de la grâce royale au Maroc
Au Maroc, les tribunaux rendent justice au nom du roi. Parmi les prérogatives du souverain figure la grâce royale. Elle est accordée à sept occasions dans l’année : lors des trois fêtes religieuses de l’Aïd el Kébir, de l’Aïd el Fitr et le Mouloud et lors de quatre cérémonies nationales (manifeste de l’Indépendance, fête du Trône, commémoration de la révolution du roi et du peuple et la fête de la jeunesse). Chaque année, ce sont donc des centaines de Marocains qui sont graciés par sa majesté (prisonniers de droits communs, islamistes condamnés pour terrorisme, journalistes…), avec une nette prédilection pour les islamistes. Des records ont été battus au lendemain des attentats de Casablanca de mai 2003 : alors que la justice marocaine avait condamné des dizaines d’islamistes présumés à de lourdes peines de prison, la plupart ont été graciés par Mohammed VI. Cela a suscité un débat au Maroc sur les grâces royales qui servent à palier les injustices de la justice. Mais à mon sens cela n’est pas valable puisque le Palais n’envisage pas sérieusement de réformer l’institution judiciaire et la justice se rend au nom du souverain.
Au Maroc, le roi est sacré
Au Maroc, la monarchie est de droit divin et le roi est sacré. Le Palais l’a durement fait savoir fin juillet à l’hebdomadaire Tel Quel et au quotidien français Le Monde. Ce dernier a été interdit au Maroc et tous les exemplaires de Tel Quel ont été détruits car ils publiaient un sondage sur la popularité de Mohammed VI. Et qu’importe que ce sondage révélait que 91 % des Marocains plébiscitent leur roi !
Toute sa famille aussi est sacrée
Outre le fait que Khalid Gueddar comparaît en justice suite à une plainte du prince Moulay Ismaïl (frère de Moulay Hicham et cousin de M6), une autre histoire illustre la sacralité de la famille royale y compris pour ses plus indignes représentants. Ainsi la tante de M6 (Bakchich lui a consacré un article : http://www.bakchich.info/La-tante-de-Mohammed-VI-et-ses,07478.html#at) a réussi à faire condamner le directeur du quotidien Al Michaâl et des représentants de l’association des droits de l’homme AMDH à 3 mois avec sursis et à une lourde amende pour avoir raconté qu’elle avait défiguré une avocate dans un accès de colère et terrorisait les habitants de la région où elle habite. Des médias étrangers s’étaient pourtant fait l’écho de cette affaire.
Ci-dessous tous les articles de Bakchich pour en savoir plus sur les mésaventures du caricaturiste Khalid Gueddar, du journaliste Taoufik Bouachrine et de leur journal Akhar Al Yaoum
Lire ou relire les courriers de soutien à Khalid Gueddar des lecteurs de Bakchich :
Khalid en vidéo
Lire ou relire les bandes dessinées de Khalid Gueddar sur Bakchich.info :
Solidarité avec Khalid : les dessins publiés sur Bakchich.info :
Dessin du 14 octobre
Dessin du 12 octobre
Les dessins des 9 et 10 octobre
Le dessin du 8 octobre :
Le dessin du 7 octobre :
Le dessin du 6 octobre :
Le dessin du 5 octobre :





























