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Marines et bidasses contre les barbus en Haïti

Flash-back. Le 29 février 2004, un commando des forces spéciales américaines investit la résidence du président haïtien Jean Bertrand Aristide démocratiquement élu. Sous la menace, celui-ci démissionne et est embarqué dans un avion. Le Conseil de Sécurité de l’Onu autorise alors le déploiement de la Force Multinationale d’Intérim à Haïti (FMIH) à laquelle collaborent les Etats-Unis et la France, qui a envoyé 1000 hommes. Pour les bidasses français commence l’Opération Carbet, officiellement pour « sécuriser » le pays. Mais un rapport émanant du Renseignement militaire français, que Bakchich s’est procuré, révèle que notre troupe d’élite luttait aussi contre le terrorisme islamiste !

Le paravent de l’islamisme

Rédigé le 13 mai 2004 par le capitaine Lagarde, membre de la Cellule Evaluation de l’Opération Carbet, ce document se base sur des infos américaines (recoupées par nous, disent les Français) pour affirmer qu’une menace terroriste réelle pèse sur Haïti depuis 2000.
Le capitaine Lagarde n’hésite pas à écrire qu’avec le soutien du président Aristide et de son entourage proche, Haïti est rapidement devenue une base arrière opérationnelle pour des éléments « terroristes », et une « base financière » grâce au trafic de drogue et d’armes. Toujours selon le militaire, ces réseaux auraient eu l’ambition d’ « utiliser le pays comme plate-forme pour introduire illégalement aux Etats-Unis des éléments terroristes, ou de l’armement ». En clair « soutenir l’infiltration et l’exfiltration des Etats-Unis d’éléments islamistes (par avion ou par bateau) ». Décidément, les Etats-Unis n’ont pas de chance avec les caribéens portant la barbe !

Pour cette « islamisation » de Haïti, tout commence en 1994 avec l’arrivée d’anciens militaires venus du Pakistan et du Bangladesh. Un par un, ces drôles de missionnaires sont venus construire des lieux de culte musulmans dans les quartiers défavorisés de Port-au-Prince. La deuxième vague de fondamentalistes débarque en 2000 avec, pour stars, trois missionnaires venus du Pakistan et d’Afghanistan, c’est ce qu’affirme le capitaine Lagarde. Le but de ces prosélytes, instaurer un Islam radical et majoritairement sunnite et préparer le terrain pour le djihad…

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Pakman

20 000 dollars pour l’obtention de passeports d’un taliban au gouvernement haïtien

En 2001, la phase opérationnelle de cette infiltration s’engage. « Un moudjahidin, dénommé Aziz (…) vient à Haïti, en tant que représentant des talibans », écrit encore notre capitaine. Grâce à des fonds provenant de Floride et d’Arabie Saoudite, ce taliban « verse 20 000 dollars US au gouvernement Aristide pour l’obtention de passeports, au profit de chaque étudiant taliban ».

Si le rapport du capitaine Lagarde ne prouve pas l’existence de liens entre Aristide et les islamistes radicaux qui, affirme-t-il, prospèrent sur son territoire, il mentionne néanmoins que des membres du premier cercle de l’ex-chef d’Etat — notamment deux femmes — étaient « proches des milieux fondamentalistes ».

Hélas pour notre feuilleton, la FMIH ayant été remplacée par la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation de Haïti, le capitaine Lagarde a cessé d’écrire de cruelles choses sur les musulmans.

Dans les trois mois passés main dans la main en Haïti, bidasses français et américains ont eu le temps, disent-ils, de mettre en fuite ou d’arrêter les réseaux de ces nouveaux barbus. Si jamais il en reste, nul doute que l’humaniste pax americana qui règne maintenant sur l’île saura faire taire les derniers « barbudos  ».

Lire ou relire sur Bakchich.info :


La tragédie d’Haïti est étiquetée « Made in U.S.A. » car depuis un siècle son peuple subit un colonialisme politico-économique dicté par Washington et le patronat américain.

Malgré la récente déclaration d’Eric Besson, la préfecture du Val-de-Marne a émis, le 22 janvier, un arrêté de reconduite à la frontière à l’encontre de deux Haïtiens.

Le séisme haïtien a un triste mérite : soulever la question de la blessure coloniale française. L’ouvrage collectif "la fracture coloniale" paru en 2005, traitait déjà l’occultation de cette histoire voilée. (…)

A côté des 100 millions d’euros américains, l’aide chinoise de 3 millions pour Haïti paraît bien dérisoire. C’est pourtant oublier le conflit larvé qui oppose l’île sinistrée à l’empire du Milieu…

Les secousses du séisme en Haïti ont été ressenties jusque dans les salles de rédaction américaines, où à grands coups d’images choc et de fins mots, chacun cherche à valoriser l’action de la bannière (…)