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L'avion d'EADS en rafale

Très en verve, le marchand d’arme européen célèbre ses réussites comme Airbus. Ou comme son remarquable avion de chasse, « l’Eurofighter qui réunit les meilleurs concepts de l’industrie aéronautique », assurément « un succès à l’exportation » écrit le magazine maison. Si ce n’est pas perfide pour le Rafale que Dassault tente désésperément de vendre à d’autres clients que l’Armée française…

Dassault dans les choux

« Baptisé Typhoon pour l’exportation, l’Eurofighter est actuellement l’avion de combat multirôle le plus perfectionné le plus vendu au monde » claironne son concepteur. Et la revue d’enfoncer durement le clou en précisant qu’« actuellement, il ne trouve plus seulement acquéreur dans les pays qui l’ont conçu (Royaume-Uni, Espagne, Italie, Allemagne) mais aussi à l’étranger, notamment en Autriche ( ça n’est pas dans le marché intérieur européen ? ) et en Arabie Saoudite. »

Pour assurer la pub supersonique de son zinc, EADS fait même monter au créneau des clients hauts gradés. L’Eurofighter ? « Un avion fantastique, doté de capacités et d’un potentiel exceptionnel », s’exclame le Colonel Salvator Alvarez de l’Armée de l’air espagnol. « Il s’est toujours montré à la hauteur de nos attentes » renchérit le ministre de la Défense autrichien.

Quant à cet ancien général transalpin, il le serine : « un vent nouveau souffle sur l’armée de l’air depuis l’arrivée de l’Eurofighter ». Qu’est-ce que ce sera si jamais l’Inde franchit aussi le pas !
Car EADS selon les déclarations récentes de certains de ses représentants, l’Inde serait en effet bien tenté d’acheter 126 Eurofighters pour 10 milliards de dollars ! Autant dire une commande en rafale. Le pire c’est que l’avion de Dassault figurait sur les rangs des concurrents (comme le F18 et le F16 US, l’avion de Saab, et le MIG 35 russe) mais visiblement, il se trouve dans les choux. Un produit français en passe d’être terrassé par un avion européen, quel terrible camouflet !

On espère que Dassault dispose de services d’intelligence économique assez performants pour se procurer le canard officiel de son concurrent. EADS y livre le secret tout bête pour fabriquer des zincs qui se vendent. Il suffit de faire un produit « rapide, performant et facile d’entretien ». Fallait y penser !

Dans ce concert de louange, un élément et pas le moindre détonne cependant au tout début “10 Steps beyond“. Surprise, dans son article de 5 pages - intitulé “une véritable EADS réussite européenne“ – où il passe en revue tous les avions, armes, satellites vendus par son groupe cette dernière décennie, Louis Gallois le PDG d’EADS ne dit pas un mot de l’Eurofighter. Motus ! Censuré ! Sans doute un excès d’égard de Gallois vis-à-vis de l’Etat français, actionnaire d’EADS mais aussi copropriétaire malheureux de Dassault. Toujours aussi fin politique ce sacré Loulou !

Mais l’essentiel, c’est qu’on a compris le message subliminal de la revue. S’il veut rentrer de l’étranger auréolé de succès commerciaux aéronautique, Sarkozy ferait mieux de jouer les VRP de l’Eurofighter plutôt que du Rafale franco-français.

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