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20 ans de dictature avec Sting et Monica Bellucci

Fille aimante, Lola Karimova-Tillyaeva oeuvre beaucoup à la renommée de son dictateur de père ouzbek. Au point de jouer pour lui les rabatteuses de Stars… A coup de grasses enveloppes.

Comme Bakchich hebdo l’avait révélé (n°8), le 8 avril 2009, l’actrice Monica Bellucci avait reçu un cacheton de 190 000 euros, en échange de sa présence à une soirée parisienne « humanitaire » organisée par Lola Karimova, quelques photos et un menu discours. Un gros cachet dans un pince-fesses qui a également vu défiler Bernadette Chirac, Guillaume Sarkozy (le frère de.), le couple Karembeu et Alain Delon.

Le succès appelant le succès, les galas se sont depuis multipliés.

Gala organisé par la fille Karimov, le 8 avril 2009. De gauche à droite : Bernadette Chirac, Alain Delon, Lola Karimova, Guillaume Sarkozy et Monica Bellucci - JPG - 85.4 ko
Gala organisé par la fille Karimov, le 8 avril 2009. De gauche à droite : Bernadette Chirac, Alain Delon, Lola Karimova, Guillaume Sarkozy et Monica Bellucci
© D.R.

Le 1er février 2010, « sous le haut patronage de Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République » et « sous le parrainage et en présence de la Présidente de l’Association Lalla Salma de lutte contre le cancer », une brochette de stars festoyait dans un gala au Château de Versailles. L’invitée d’honneur de la soirée était Madame Lola Karimova-Tillyaeva, « déléguée permanente de son pays près l’Unesco ».

Un peu d’humanitaire et un zeste de lutte contre le cancer pour faire oublier les dérives d’une république tout ce qu’il y a d’autoritaire… Ne manque qu’une douce mélodie pour adoucir les moeurs.

Le chanteur Sting a assuré la ballade. Sans oublier de se faire choyer par la dictature. Pour un concert dans la capitale Tachkent, le chanteur a reçu entre un et deux millions de dollars, nous apprenait The Guardian dans son édition du 22 février 2010.

Sting avait brodé un argumentaire tout en bonne foi pour retoquer les critiques :

« Je suis bien conscient de la réputation épouvantable du président ouzbek dans le domaine des droits de l’homme aussi bien que de l’environnement. J’ai pris la décision de jouer là malgré cela. Je suis venu car les boycotts culturels sont des gestes non seulement injustifiés, mais ils sont contre-productifs : les Etats proscrits sont encore plus privés d’un échange d’idées et d’art et deviennent du coup encore plus fermés, paranoïdes et bornés ».

Droits de l’homme : 0 pointé

Pendant ce temps, en Ouzbékistan, la pauvreté, la censure et la torture se portent bien.

La photographe ouzbèke Oumida Akhmedova est jugée depuis début février. Poursuivie pour « calomnie » et « calomnie ou insulte par voie de presse ». Son crime, selon les autorités ? Ses oeuvres ne seraient « pas conformes aux normes esthétiques » et porteraient atteinte « valeurs spirituelles » ouzbèkes. La bonne dame s’était piquée d’illustrer, dans un documentaire et une série de clichés, la pauvreté dans son pays. Du lourd…
Pour ces méfaits, Oumida Akhmedova risque deux ans de prison ferme.

Le 12 mars dernier, le département d’Etat américain publiait un rapport dans lequel l’Ouzbékistan est classé : pays d’Asie Centrale qui respecte le moins les droits de l’homme. Morceaux choisis : « La torture et les agressions physiques sont fréquentes en prison, des familles ont fait état de la mort en détention de prisonniers condamnés pour extrémisme religieux ».

Déjà catastrophique, la situation n’est pas prête de s’arranger. Dans la province d’Andijan, tristement célèbre pour la sanglante répression gouvernementale de 2005, une nouvelle vague de chasse aux extrémistes religieux a commencé. « La méthode est de réaliser des tournées dans des mahallias (communautés d’habitants) et dans les domiciles privés pour déceler les extrémistes. Résultat des opérations : 4744 membres de groupes dévoilés », rapporte le Courrier International du 18 février 2010.

Les extrémistes religieux ne sont pas les seuls groupes qu’Islam Karimov exècre et arrête à la pelle. Les dirigeants du plus important marché de gros du pays, l’Open Joint Stock Company Karavan Bazar, ont été déclarés coupable, par le procureur général, de violation des règles de commerce, détournements de fonds et tricherie. Début mars, 52 personnes ont été mis en cabanes, dont le PDG de la boîte.
Selon le sérieux webzine Ferghana.ru, Lola Karimova qui briguerait la direction de l’entreprise, pourrait être l’initiatrice de ces arrestations. Afin d’élargir son empire ? Ou par jalousie de sa soeur Gulnara qui, chouchoutée par son père, possède près de la moitié du pays ?

Gala du 8 avril 2009. De gauche à droite : les Karembeu, Lola Karimova et Alain Delon - JPG - 51.6 ko
Gala du 8 avril 2009. De gauche à droite : les Karembeu, Lola Karimova et Alain Delon
© DR

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