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Obama et l'île flottante du terrorisme

L’administration de Barack Obama vient de donner le feu vert à une
politique de terrorisme d’état en Indonésie avec l’annonce le 22 Juillet
de sa volonté de mettre fin à douze ans d’interdiction des relations
avec Kopassus
, les forces spéciales de l’armée indonésienne connues pour leurs crimes — comme la torture, l’enlèvement, et les campagnes
d’assassinats contre des civils et dissidents politiques — dans le
Papua (la plus grande province du pays), le Timor Oriental, et les
provinces d’Aceh et de Java. Le Congrès avait proscrit en 1998 toute
forme d’aide américaine à des unités militaires qui ont participé à la
violation des droits de l’homme. Une interdiction qui porte le nom de
son auteur, le sénateur (démocrate) Patrick Leahy du Vermont, d’une loi
qui était motivée en grande partie par l’histoire sanglante de Kopassus,
historiquement entraîné, armé, et aidé par le Pentagone et la CIA.

L’annonce à Jakarta par le ministre de la Défense d’Obama, Bob Gates
(qui occupait le même poste sous George W. Bush) que le Pentagone va
reprendre sa « coopération sécuritaire » avec Kopassus représente, dixit
Gates, un « très important développement dans les relations entre nos
armées, et nous espérons travailler encore même plus étroitement avec
TNI (l’armée indonésienne). »
Pour contourner la loi Leahy, le Pentagone prétend que Kopassus s’est « reformé », mais après l’annonce de Gates, le sénateur Leahy, aujourd’hui président de la Commission de Justice du Sénat, a proclamé que c’était faux : « Kopassus a une longue histoire d’abus et reste impuni devant la justice pour ses crimes… Je regrette profondément que notre pays n’a pas obtenu, et Kopassus n’ait pas accepté, les reformes que nous avons si longtemps recherchées. »

Selon les associations internationales et indonésiennes des droits de l’homme ] les crimes de Kopassus continuent d’être pérpétrés. L’année dernière, un rapport de Human Rights Watch a détaillé comment la torture et autres abus par Kopassus continuaient en Papua. Le 22 Mars dernier, dans l’hebdomadaire The Nation, le journaliste Allan Nairn, lauréat du prestigieux Prix Polk et expert de l’Indonésie, a détaillé la campagne de meurtres politiques par Kopassus en 2009 contre des membres du Partai Aceh, un parti séparatiste.

Selon Amnesty International, qui s’oppose à la reprise d’aide
américaine à Kopasssus, « en dépit des promesses du gouvernement
indonésien, en dépit des assurances répétées du président indonésien
Susilo Bambang Yudhoyono lors de ses visites aux États-Unis, les
officiers de Kopassus impliqués dans des crimes graves n’ont jamais été traduits en justice. »
La décision honteuse d’Obama d’embrasser de nouveau Kopassus n’est pas seulement un signal que ces
voyous en uniforme puissent continuer leur travail meurtrier avec
impunité. Toutes les armées abusives du monde entier vont se dire que, si Washington est prêt à reprendre son aide à Kopassus, ils peuvent aussi agir de la même manière. Et de l’Indonésie à la Colombie en passant par l’Ouzbékistan, pour ne pas parler des nouvelles révélations de crimes de guerre américaines en Afghanistan par le site Wikileaks la semaine dernière, la politique étrangère et militaire de Barack Obama est en train de bafouer les droits de l’homme, y compris le droit à la vie.

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