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Le kamikaze de la guerre de l’eau

Près de 300 millions d’euros par an en jeu, des géants de l’eau qui s’affrontent, des hommes politiques décideurs… L’appel d’offres pour la gestion du Syndicat des eaux d’Ile-de-France (Sedif) est une saga. Dont l’issue n’est d’ailleurs pas écrite, puisque se joue un dernier acte où Veolia emporterait une victoire à la Pyrrhus et Suez essuierait une défaite sévère. Tout cela pour le plus grand bonheur du consommateur.

Sorte de Graal du business de l’eau, le Sedif est un bijou de famille de Veolia, hérité de l’ex-Compagnie générale des eaux, qui le dorlotait depuis 1923. Sans trop regarder aux tarifs. «  C’est à partir de ce contrat, surcoté, qu’ils ont pu bâtir leurs offres à l’export », persifle un concurrent. En proposant une offre « compétitive », sur laquelle Veolia a dû s’aligner, Suez n’avait qu’un seul objectif : faire baisser le profit de son ennemi ! « De 10 à 20 % de moins », glissent les crânes d’oeuf qui ont eu à se mouiller dans le dossier.

Bravo Suez ? Pas vraiment. En se lançant dans la bataille, « sans aucune chance de la remporter », le groupe a englouti quelques millions d’euros dans le seul but d’affaiblir son concurrent. Ensuite, la baisse des prix du Sedif, si elle ravira le consommateur, va créer un effet d’aubaine. Des villes franciliennes, qui avaient jusque-là refusé d’adhérer au si coûteux syndicat, risquent de revoir leur position. Ainsi, Suez pourrait-elle perdre des municipalités dont elle gérait les eaux. En somme, un combat mené goutte que goutte.

Lire ou relire dans Bakchich :


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