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Medef, mode d’emploi pour l’Orient-business

Cap à l’international. Après une introduction un peu laborieuse, où Laurence Parisot s’est échinée à faire se répondre des chefs d’entreprises de New York, Riad ou Pékin par visioconférence, l’université d’été du Medef a débuté mercredi sous le signe de l’ouverture au monde. Et à ses marchés.

Parmi les nombreuses tables rondes, celle intitulée « Big bang au Moyen-Orient » a permis d’apprécier les juteuses perspectives des entreprises françaises dans la région. Notamment pour l’industrie militaire.

Hervé Morin a ainsi expliqué que si son rôle de ministre de la Défense était de « développer notre vision politique de la stabilité de cette région », il consistait encore plus à « faire la promotion d’un secteur industriel qui est pour la France un joyau technologique ». C’est dit. En clair, comme il n’est pas très prudent de miser sur la paix dans cette région du monde, autant vendre au mieux nos joujoux de guerre. Sur ce point la France n’a pas démérité à en croire le ministre : « Nous sommes passés en deux ans de 5 à 7 milliards d’exportation », s’est félicité Hervé Morin, « alors que nous avions complètement perdu pied depuis dix, quinze ans ».

Une Rolls ou un 4x4 ?

Dans un contexte particulièrement tendu – départ des Américains de la scène irakienne, regain de tension au Liban – la demande de «  joyaux technologiques » n’est a priori pas en passe de faiblir. Le tout étant de ne pas se faire bêtement souffler les marchés, comme pour l’EPR à Abou Dhabi.

Dans les pays du Golfe, qui se prépare à l’après-pétrole, les besoins sont énormes en matière d’énergie et d’infrastructures mais les Français ont encore trop tendance, à en croire les différents intervenants, à partir la fleur au fusil, sûrs de leurs supériorité industrielle.

« Je crois qu’il faut aller vers ces pays avec de l’humilité et de la connaissance », a ainsi souligné Antoine Sfeir, le directeur des Cahiers de l’Orient. « Pour l’EPR, les Coréens ont envoyé près de 150 chercheurs en amont pour comprendre la demande » a renchéri Gilles Kepel, spécialiste de l’Islam.

« On a voulu leur vendre une Rolls alors qu’ils voulaient un 4X4 » a ironisé Yves Thibault de Silguy, président de Vinci, qui a raconté comment pour s’implanter dans ces pays il fallait accepter de faire des partenariats avec les entreprises locales.

Et les bakchichs, ça aide ? « On préfère ne pas gagner que de se livrer aux choses auxquelles vous faites allusion », a plaidé le dirigeant de Vinci sous l’œil goguenard d’Hervé Morin.

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L’université d’été du Medef débute mercredi sur le campus de HEC. Trois jours de débats autour de "l’étrangeté du monde".

Laurence Parisot est de plus en plus contestée au sein du patronat. Au point d’organiser une tournée d’interrogatoires au siège du Medef à cause de la démission de l’un de ses directeurs adjoints.