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Dassault entretient son image

Premier partenariat culturel pour le groupe Dassault, la rénovation de l’Arc de triomphe ne sera sûrement pas le dernier. « Il est vrai que la tentation d’être au cœur de la restauration de ce symbole de patriotisme était grande », expliquait, des trémolos dans la voix, Olivier Dassault, fils de Serge et vice-président du groupe industriel, lors du lancement de l’opération au printemps. Il faut dire que l’Élysée aurait chaudement encouragé l’avionneur à se porter candidat pour contrer l’offre de service du groupe Kärcher… Question d’image !

De son côté, une bonne partie de la presse relayait le beau geste. En tête, ô surprise, le Figaro ou Valeurs actuelles – tous deux propriétés de Dassault. Pour sauvegarder le patrimoine en péril, Dassault aurait cassé sa tirelire. Coût de la facture : 800 000 euros.

Dessin de Decressac - JPG - 23.4 ko
Dessin de Decressac

Là où l’affaire se corse un peu, c’est qu’en réalité les travaux de restauration réalisés par l’entreprise Tollis n’ont pas coûté plus de 360 000 euros… Où est donc passé le reste ?

Avant de répondre, il convient de rappeler quelques règles en matière de fiscalité du mécénat.

Depuis 2003, le mécénat d’entreprise permet une réduction d’impôts de 60% des montants investis. Avec, en bonus, l’équivalent en « avantages » de 25% des dépenses. Sur les 800 000 euros lâchés, le groupe Dassault récupère déjà 480 000 euros de déduction. Il aura également le droit à 200 000 euros en avantages : entrées gratuites pour le monument et différentes opérations de communication.

Apposer un logo sur un monument visité par un million et demi de personnes par an, cela se monnaye généralement très cher. Que les mécènes se paient en redorant leur image, voilà qui paraît bien naturel.

Tout pour la com maison

Reste qu’à regarder de près la répartition des 800 000 euros donnés au Centre des monuments nationaux, la communication de l’industriel autour de l’opération représente l’un des principaux coûts.

À côté du poste « réfection des joints altérés » ou « traitement biocide », une partie des sommes censées contribuer à la restauration – dont une tranche sera défiscalisée – a notamment servi à tourner un film d’entreprise à la gloire du mécénat made in Dassault. « Un film indigent avec une musique grotesque », raille un fonctionnaire de la rue de Valois. Oups ! La musique est signée Olivier Dassault, poète et compositeur à ses heures.

Financer sa com’ sur les deniers publics, via la défiscalisation : chapeau l’artiste !

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