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La Côte d'Ivoire en mode schizo
Avec deux présidents et deux Premiers ministres en poste, la Côte d’Ivoire est en pleine tourmente. Le président sortant Laurent Gbagbo a été proclamé vendredi vainqueur de la présidentielle avec 51,45% des suffrages par le Conseil constitutionnel, qui a invalidé les résultats de la Commission électorale indépendante (CEI) qui a donné jeudi son rival Alassane Ouattara en tête avec 54,1% des voix.
Le Conseil constitutionnel, seul habilité à valider les résultats de l’élection présidentielle, est dirigée par un proche de Gbagbo, Paul Yao N’dré, un des fondateurs du Front populaire ivoirien (FPI).
Ouattara a été officiellement reconnu par les Nations unies, l’Union africaine, l’Union européenne, les Etats-Unis et la France.
Faisant fi de ces soutiens, Laurent Gbagbo a nommé dimanche soir l’universitaire Gilbert Marie N’gbo Aké au poste de Premier ministre, le jour même d’une visite de médiation de l’ex-président sud-africain Thabo Mbeki dépêché par l’Union africaine, et quelques heures après la présentation du gouvernement dirigé par Guillaume Soro, lui-même ancien Premier ministre de Gbagbo, désigné par Alassane Ouattara.
Depuis l’Inde lundi matin, Nicolas Sarkozy a ouvertement demandé à Laurent Gbagbo de céder la place au "président élu" en Côte d’Ivoire. "La décision s’impose à tous", a rappelé le chef de l’Etat français. "Un président a été élu. La volonté des Ivoiriens doit être respectée."
Dans le même temps, Alassane Ouattara s’est dit prêt à intégrer des ministres du camp Gbagbo dans son futur gouvernement.
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