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Google part en croisade contre le terrorisme

« Google Ideas va combiner les modèles du département d’Etat, d’un think tank influent et d’une entreprise privée. »

C’est en ces termes que Jared Cohen a expliqué sa prise de fonction chez Google dans un e-mail daté du 7 septembre adressé à ses « amis et collègues ». Après quatre années passées au département d’Etat où il était notamment en charge de contre-terrorisme, ce jeune diplomate iconoclaste âgé de 29 ans prend la tête du tout nouveau think tank de Google. « Je ne vois pas mon départ du département d’Etat comme un adieu mais comme une continuité ».

Talleyrand numérique

Au service de l’oncle Sam, Cohen a en effet été l’un des chantres de l’utilisation des nouvelles technologies et du développement de la diplomatie digitale. Comprendre une utilisation massive des réseaux sociaux pour entrer directement en communication avec les activiistes démocratiques du monde entier et favoriser leur essor. Baptisée doctrine du « savoir-faire du 21ème siècle », la méthode a désormais a été adoptée par le secrétaire d’Etat Hillary Clinton et consiste en une défense rigoureuse de la liberté d’Internet, érigé au rang de droit de l’Homme du XXIe sicèle. Un nouveau levier diplomatique pour Washington…et un pont jeté entre les pontes de la Silicon valley et les milliers de cyberactivistes pro-démocratiques du monde entier qui se cotôient dans le carnet d’adresse du Talleyrand numérique.

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Chez Google, sa mission prolonge le travail entrepris au département d’Etat à savoir contre-terrorisme et contre-radicalisation. D’ailleurs il s’en réjouit : « J’aurai plus de liberté d’action et plus de moyens financiers pour déployer ma stratégie ». Eric Schmidt, pdg de Google, s’est expliqué dans le Washington Post sur cette nouvelle division de Google qui flirte avec une cellule de diplomatie privée en s’attaquant à des dossiers sensibles historiquement réservés à l’Etat : « L’objectif du think tank est de se confronter aux problématiques internationales les plus complexes en combinant une nouvelle génération de leaders et l’usage des nouvelles technologies ».

Jared Cohen, lui, ne voit pas Google Ideas comme un simple think tank mais comme un « think/do tank ». Diplomate de terrain et d’action, Jared Cohen entend bien peser pour mettre en pratique les stratégies de contre-terrorisme élaborées dans les bureaux new-yorkais de Google Ideas. Quitte à bouleverser et accélérer le rythme des bureaucrates de Washington voire bouleverser la politique étrangère américaine.

Psychanalyse de terroristes repentis

Au cours de ces huit derniers mois, Jared Cohen et sa petite équipe de six collaborateurs ont approché une myriade de terroristes qui ont déposé bombes et fusils pour se reconvertir dans l’humanitaire et la sensibilisation. Pris en main par Google Ideas, ces ex-terroristes racontent leurs parcours et leurs expériences à Dublin cette semaine.

C’est en Irlande, du 26 au 29 juin, que Google Ideas a décidé d’organiser son premier sommet contre les violences extrémistes en partenariat avec le Council of foreign relations (CFR). On y retrouve des anciens néo-nazis, fondamentalistes musulmans du Pakistan, chefs de gang latinos, membres de l’IRA, des Farc…En tout, près de 80 terroristes repentis, issus de 25 pays, partagent leurs histoires avec une tripotée de chercheurs, activistes, philanthropes et businessman ou encore l’ancien président colombien Alvaro Uribe. Objectif affiché : mieux comprendre le processus de recrutement des jeunes dans les organisations terroristes. « C’est une sorte de psychanalyse groupée d’anciens terroristes », s’amuse un participant qui doute de l’efficacité de ce genre d’initiatives : « trop estampillée américaine ». Cet évènement est la première réalisation de Jared Cohen pour le compte de Google Ideas. Il marque une nouvelle étape dans le processus d’alliance entre la Silicon Valley et le département d’Etat. Comme Cohen, nombre de diplomates et fonctionnaires de Washington ont rejoint les bureaux des relations internationales des mastodontes de la Silicon Valley.

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