Tweets by @Bakchich

Vous êtes ici

Le Golfe met Dakar sous surveillance

Pays chéri par la France, observé de près par les Etats-Unis, le Sénégal est surtout devenu avec l’avènement du président Wade en 2000 une terre d’investissement pour les pays du Golfe. Financement de grands projets, tenue du sommet de l’Organisation de la Conférence Islamique, attribution de la gestion du port de Dakar à la Dubaï Port World au nez et à la barbe de Bolloré, les monarchies de la Péninsule sont venues faire bronzer leurs pétrodollars sur les plages de la Téranga. En wolof, "la terre d’accueil".

La Téranga n’est plus ce qu’elle était

Las la quiétude de Dakar s’est un poil fissurée ces derniers temps. Et les financiers du désert, qui ont senti le vent des révoltes arabes, de s’inquiéter sur la pérennité du régime. Ou sur sa faculté à encaisser le mécontentement populaire.

Le 23 juin, une foule fort politisée s’en est allée manifester place Soweto, siège de l’Assemblée nationale, contre le projet de réforme constitutionnel mijoté par « Gorgui » ("le vieux"), le surnom affectueux donné au chef de l’Etat.

Instauration d’un vice-président, possibilité d’être élu président avec les voix de 25% des inscrits pour le duo gagnant, le texte a choqué, à moins d’un an de l’élection présidentielle. D’autant plus que l’opposition et la presse soupçonnent depuis fort longtemps une tentation de Wade de léguer son pouvoir à son fils Karim, qui a déjà la haute main sur quatre ministères.

Apeurés par les manifestants, les députés, largement acquis à la majorité ont reculé, notamment après qu’un des leurs a déclaré « que ce projet ne mérite pas qu’on meurt pour lui ». Le texte a finalement été retiré, la réforme annulée. La tension n’est pas retombée.

Le 27 juin, c’est une une révolte populaire qui s’est déclenchée, après qu’une nouvelle coupure d’électricité a privé la ville de courant. Une habitude qui a fini d’exaspérer la population, et l’a poussée à carboniser plusieurs centres de paiement de la Sénélec, la société nationale d’électricité. Une émeute de l’énergie, secteur dont le ministre n’est autre que…Karim Wade.

 - JPG - 41.9 ko

Une polémique enflamme depuis ce jour la presse sénégalaise. Selon Robert Bourgi, éminent (quoique déclinant) avocat de la Françafrique, Karim Wade l’aurait appelé afin de faire sonner l’armée française contre les manifestants. La sortie de l’avocat a déclenché un torrent contre le fils Wade. Malgré ses dénégations, celui qui est aussi ministre de la Coopération internationale se retrouve une nouvelle fois sous le feu de la rue, des commentateurs et de l’opposition. Une habitude là aussi qui ne manque pas de questionner les représentants du Golfe, dont « le prince héritier  », comme ils l’appellent parfois, est l’interlocuteur privilégié.

Le Vieux a parlé….tout seul

« Au cours des réunions avec le président, il est très respectueux, même avec les ministres et il travaille très bien, confie un émissaire du Golfe. On ne comprend pas bien le ressentiment de la population et de l’opposition à son égard. Peut-être devrait-il prendre du recul ? » Par exemple quitter le ministère très exposé de l’Energie ? « Ce serait une reculade qui n’est pas dans le tempérament des Wade ». Annoncer alors que Karim ne se présentera pas aux élections. "« Ce serait faire baisser la pression, au moins le temps que la situation énergétique se stabilise. Si les délestages cessent, il sera toujours temps de repenser la question »". Et d’évoquer une éventuelle succession par les urnes ?

L’âge du capitaine, ajoutée à sa volonté de briguer un troisième mandat polémique (voir encadré) taraude quelque peu le Golfe. « A 86 ans, se représenter n’est peut-être pas le meilleur des signes. Mais je ne crois pas que M. Wade écoute beaucoup ses conseillers. Et ce n’est pas à son âge qu’on va le changer ». Bien vu. « Le président travaille de plus en plus seul, confesse un proche du Palais, il consulte de moins en moins et se lance sans prévenir dans des projets. Comme par exemple le projet de réforme constitutionnel ». Ou son dernier discours.

Le 14 juillet, après trois semaines de jeûne médiatique, "Gorgui" a enfin parlé. Beaucoup. En wolof et en français. Un discours en terre conquise, dans le cadre du bureau national de son parti, le Parti Démocratique Sénégalais. Entre provocation et ouverture, Wade a proposé à l’opposition d’avancer les élections « si elle est sûre d’être majoritaire », de créer un gouvernement d’union nationale, annoncé la fin des coupures d’électricité pour septembre. Et confirmé qu’il sera candidat à sa succession. Wade Libitum..

Polémique sur une candidature

Après être arrivé au pouvoir en 2000, Abdoulaye Wade a fait adopter une nouvelle constitution en 2001, texte qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Or "Gorgui" achèvera en 2012 son second exercice de la magistrature suprême. Dès lors Wade peut-il se représenter ? Oui, répond-il, puisque ce sera seulement sa deuxième élection sous le régime de ladite constitution de 2001. Non, répond l’opposition qui le renvoie à ses propres déclarations du 1er mars 2007. Répondant aux questions de la presse après sa réélection, le chef d’Etat sénégalais avait affirmé qu’il ne pouvait pas se représenter en 2012, puisqu’il avait bloqué le nombre de mandats…

A lire ou relire sur Bakchich.info


« Le pouvoir ne s’hérite pas, il se mérite ». Avec cette simple phrase Karim Wade, le fils du président, a troublé la presse sénégalaise qui y a vu une belle manipulation. Et si l’explication était plus loufoque (…)

Pour ses 9 ans à la tête du pays, Gorgui Wade a reçu une soufflante assez inattendue aux dernières élections, programmées pour lancer son fils Karim en politique. Et un violent bizutage, un !

Karim Wade, digne progéniture du Président du Sénégal a le chic d’énerver Sarkozy. Surtout depuis qu’il a les faveurs de Richard Attias. Quel affront !