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Kerviel, c'est pas un peu grec comme nom?
Les communicants de la Société Générale doivent avoir les nerfs vraiment solides. Comme au bon vieux temps de la compagnie aérienne Air Inter, dont la marque était quasi mécaniquement liée au mot « grève » dans les médias, on constate depuis des mois qu’il ne se passe presque pas un jour sans que la raison sociale de leur cliente ne soit associée à une information défavorable voire franchement négative…
Citons en vrac pour mémoire,
la baisse, annoncée le 5 mai, de 14% de ses profits du premier trimestre par rapport à l’année dernière
la chute de 51,9% depuis le début de l’année (au 25 juillet) du cours de l’action de sa filiale, Geniki Bank, détenue à 88% et qui ne lui a jamais ramené un centime d’euro depuis son acquisition en 2004. Le 4 mai, Geniki rendait compte d’une nouvelle perte de 98,6 millions d’euros au premier trimestre, le double de celle subie l’année précédente
l’annonce par Moody’s Investors Service, le 15 juin, d’une surveillance de la note SocGen, avec une perspective de révision à la baisse
la dégringolade de 14,4% du cours de l’action Société Générale entre le 1er et le 11 juillet suivie d’une inquiétante réplique le 18 juillet (-5,5%) à l’annonce des résultats des tests de résistance de 90 banques européennes, (« les tests montrent que la Société Générale est en queue de peloton des grandes banques européennes avec une position en capital plus tendue que celle de ses grandes rivales » confiait aux médias François Chaulet de Montsegur Finance).
De plus, lorsqu’ils font état de l’exposition de la banque aux « fameuses » créances souveraines européennes, les commentaires des professionnels sont en règle générale majoritairement sévères pour ne pas dire franchement flippant : « Un défaut de la Grèce déclencherait une catastrophe pour la Société Générale » (Jacques-Pascal Porta de Ofi Gestion Privée).
Dans la grotte d’Oudéa
Quant à l’aptitude de ses équipes de direction à faire face aux défis de l’avenir, elle est diversement appréciée. Comment ne pas évoquer à ce chapitre, les propos très durs récemment tenus par Deminor, la société belge dont la mission consiste à conseiller les actionnaires floués.
Evoquant par exemple le rôle de Frédéric Oudéa, patron des finances de la banque de 2003 à 2008 avant d’en prendre la présidence, Fabrice Remon, patron du bureau de Paris de Deminor, n’y est pas allé par quatre chemins : « La Société Générale aurait du mettre à sa tête quelqu’un n’ayant pas eu de conflit d’intérêt et de suffisamment indépendant plutôt qu’Oudéa qui est si impliqué dans la crise ». Comme en écho, Anis Bouayad, fondateur de Stratégie Alliance est plus expéditif encore : « Oudea a de la chance de ne pas avoir été viré avec Bouton. La logique aurait voulu que pas un membre du Comité de Direction ne soit épargné, à commencer par Oudéa, bien qu’il n’aurait pas été dans l’intérêt de l’actionnaire de décapiter toute la direction générale de la banque… »
Après la menace des Pigs, le retour de Kerviel
Le coup le plus terrible a sûrement été porté bien involontairement par Kian Abouhossein, analyste chez JP Morgan à Londres qui a cru bien faire en déclarant que « La Société générale possède une superbe affaire dans les dérivés actions » allant même jusqu’à prévoir qu’elle est le leader mondial de ce business en 2011 devant Goldman Sachs Group.
Ça tombe très bien ; « les men in black and red » vont pouvoir faire de nouveau les marioles et vanter leur marchandise à ce sujet devant la Cour d’Appel de Paris, laquelle va se pencher sur le recours de Kerviel contre sa lourde condamnation de première instance.Une audience de fixation des débats est convoquée pour le 3 octobre à 13h30. Pas sûr que l’actualité de la situation de la banque dans le cloaque des finances des PIGS (Portugal, Italie, Grèce et Espagne) la zone Euro lui soit très favorable devant la Cour.
Kerviel, c’est pas un nom grec ça ?
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