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France et Brésil, le début d’une aventure amoureuse…

C’est sous ce titre un brin aguicheur que Charles H. Rivkin, fraîchement nommé ambassadeur US à Paris le 1er juin 2009, décidait dès le 17 novembre de la même anné, d’adresser à Washington un rapport circonstancié sur l’idylle naissante, Lula-Sarkozy.

Flirtant parfois avec un style publi-reportage, voire franchement Point de Vue - Images du Monde - « …la première dame Carla Bruni n’était pas du dernier déplacement du président français à Brasilia, à la grande déception du public brésilien qui, selon l’ambassade du Brésil à Paris, apprécierait particulièrement que le couple présidentiel se rende fréquemment en vacances dans son pays. Commentaire : Nous estimons que Sarkozy tire un avantage maximum de la popularité de Carla Bruni et de leur popularité conjointe pour promouvoir les intérêts français au Brésil…  »- le diplomate américain s’efforce de procéder à une large revue de détail des stratégies de séduction déployées des 2 côtés de l’Atlantique sud.

La diplomatie, surtout lorsqu’elle est commentée par ses acteurs de premier plan, prend parfois quelques libertés avec l’Histoire. Les faits sont têtus disait l’autre ; on en a une nouvelle illustration avec le paragraphe que Charles Rivkin consacre au « Projet F-X2 » ; mauvais esprits s’abstenir :

Le Projet F-X2

« …Paris a mis à profit le climat politique favorable pour tenter de positionner avec succès le Rafale dans la compétition destinée à équiper l’Armée de l’Air brésilienne d’un nouvel avion de combat, avec l’espoir de battre sur le fil, le F18 Super Hornet américain et le Grippen suédois.

La décision politique du Ministère brésilien des Affaires Etrangères de faire connaître publiquement leur intention de choisir Dassault, fabricant du Rafale, plutôt que le Super Hornet qui a les faveurs de l’armée de l’air, résulte de la proximité de la relation entre Lula et Sarkozy.

Bien que la transaction désignée par le sigle « F-X2 » ne soit pas encore finalisée, le président français a œuvré pour convaincre son homologue brésilien de choisir les avions de combat français, au cours de son séjour de 2 jours à Brasilia, au cours duquel il a dîné avec Lula, et a été l’hôte de marque des cérémonies de la Fête de l’Indépendance du 7 septembre, marquées par la participation de la Légion Etrangère et une démonstration de la Patrouille de France.

Ce faisant, il s’est efforcé de démontrer que ses liens politiques avec Lula sont renforcés par des partenariats industriels.

Des Rafales de faveur

Sarkozy s’est efforcé de convaincre que la France est le partenaire idéal des Etats qui ne veulent pas dépendre de la technologie US, alors même que les US ont donné leur accord à un transfert de technologie en cas d’achat du F-18 par le Brésil. De plus, si la vente du Rafale se concrétise, Dassault pourrait devoir solliciter des licences d’exportation de la part des US au titre des composants renfermant de la technologie américaine.

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Bien que le Brésil n’ait pas encore pris de décision, le gouvernement français semble confiant dans son aptitude à triompher de la concurrence américaine et suédoise grâce aux efforts diplomatiques de Sarkozy. De plus le conseiller Bruno de Lacerda Carrilho en poste à Paris a révélé le 8 octobre que Brasilia a été très sensible à l’engagement présidentiel français, s’interrogeant sur l’éventualité d’un engagement personnel d’Obama. A l’occasion de sa 5ème visite au Brésil cette année, Sarkozy est attendu à Manaus le 26 novembre pour le Sommet des Pays de l’Amazone au cours duquel il poussera ses pions politiques et commerciaux au Brésil… »

Après des développements relatifs aux sous-marins à propulsion nucléaire, et aux hélicoptères de transport, l’ambassadeur Revkin colle une troisième couche au Rafale :

« …Dans le même temps, le Brésil a annoncé son intention de débuter les négociations relatives à l’achat de 36 avions de combat Rafale, qui pourrait porter la transaction à 20 milliards de dollars si les discussions aboutissent.

Depuis le début, les Français ont promis aux Brésiliens qu’ils leur donneraient les codes-sources informatiques qui constituent le cœur digital de l’avion, un pas que les autres concurrents ont d’abord hésité à franchir.

Lula et le prix absurde des avions de Dassault, 80 millions de dollars

Après que Lula se soit plaint à Sarkozy du ‘prix absurde’ des Rafales à 80 millions de dollars l’unité, des sources du Ministère des Affaires Etrangères ont indiqué que le président français lui a envoyé un courrier personnel soulignant la volonté française de participer sans restriction à un transfert d’information technologique. Un préalable que le ministre brésilien de la Défense, Nelson Jobim a fait connaître dès avril au sujet des marchés d’armement.
Qualifié d’ "avantage comparatif français" le transfert de technologie répond au désir des brésiliens de ne pas se contenter d’acheter le Rafale mais de le construire dans le pays et éventuellement de le vendre dans toute l’Amérique Latine dès 2030, a affirmé l’Attaché Militaire à Paris Marcus Rector Toledo Silva le 11 septembre… »

Deal abîmé en Méditerranée

Avant d’aborder le chapitre des réjouissances sportives (Coupe du monde de football 2014, et jeux Olympiques 2016..) et des promesses de soutien à l’entrée du Brésil au Conseil de Sécurité de l’ONU, l’ambassadeur balance au Rafale, son dernier missile sol-air :

« …Cependant, en pleine effervescence médiatique, 2 Rafales sont tombés en Méditerranée, provoquant de nombreux débats dans la presse brésilienne et française, et rappelant qu’ils n’ont jamais été vendus ailleurs qu’en France.
Le crash a également soulevé des questions relatives à l’échec du Rafale lors de l’appel d’offre marocain de 2008… » Et aux dernières nouvelles, le Brésil a décidé de repousser à 2012 l’achat de ses zincs.

Pour vendre la camelote de Dassault, reste la possibilité d’offrir gracieusement un Rafale à tout importateur de 80 millions de dollars de denrées made in France. Ou à la rigueur, de nommer DSK ambassadeur à Brasilia. La séduction, ça le connaît…

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De la commande ou non de Rafale par le président brésilien, dépendra toute la politique salariale de Dassault Aviation et Thales. Et la destination pour les prochaines vacances d’été.

Petit creux dans la saison de foot. Les championnats n’ont pas repris. La Coupe du Monde est finie. L’Afrique du Sud exsangue. Avant le Brésil en 2014.
Refourguer le Rafale est décidément un travail de longue haleine. Mais la Suisse vient de débloquer 1,36 miliard d’euros pour changer une partie de sa flotte aérienne. Une aubaine pour Dassault qui, avec l’aide d’Hervé Morin, lance un lobbying effréné (…)