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Société Générale : de vieux cadavres remontent à la surface

Un cauchemar et le mot est faible : absorbés à fignoler leurs accusations en Appel contre Kerviel pour le mois prochain tout en assaisonnant leurs salades grecques pour les rendre plus digestes, Frédéric Oudéa et ses chics types de la Société Générale, pensaient avoir tourné la page des sub-primes américains. Mauvaise pioche. Le 2 septembre, la FHFA (Federal Housing Finance Agency – voir encadré - ) vient de déposer plainte contre 17 banques dont plusieurs filiales US de la Société Générale.

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Baiser Fannie !

Chargée depuis 2008 par l’Oncle Sam de l’assistance respiratoire et des soins intensifs à Fannie Mae et Freddie Mac (voir encadré), les 2 mammouths financiers qui possédaient ou contrôlaient à eux deux près de 50% des 12 trillions de dollars du marché hypothécaire yankee avant leur dégraissage accéléré en juillet 2008, la FHFA (et donc l’Etat Fédéral) a décidé de poursuivre les banques s’étant refinancées aux frais de ces benêts de Fannie et Freddie, en leur refourguant du papier adossé à des créances hypothécaires un brin frelatées.

La démarche traduit bien l’indécision qui règne à Washington sur la marche à suivre pour sortir le pays du merdier économique et financier dans lequel le pays s’enfonce lentement. D’un côté l’Administration Obama câline les banques au delà du raisonnable avec le fric des contribuables, par crainte de l’effet domino que pourrait provoquer une nouvelle défaillance d’un ténor du secteur. De l’autre, elle donne des gages au contribuable-électeur qui n’a pas de mots assez durs pour les « banksters » de Wall Street, unis comme les familles d’une mafia planétaire dotée d’une rapacité sans égal.

Pour justifier leur action judiciaire controversée, les dirigeants de FHFA ont beau jeu de rappeler que c’est le 8 septembre qu’expire toute possibilité de recours contre ceux qui ont vendu du papier pourri à Fannie et Freddie, avant que ceux-ci ne soient placés sous contrôle fédéral par la loi n°110-289 du 30/07/2008 (Housing and Economic Recovery Act of 2008). C’était donc maintenant ou jamais.

La Société Générale n’aime pas les chiffres

Ce que la FHFA reproche aux filiales de la Socgen ? (SG Americas Inc, SG Americas Securities Holdings LLC, SG Americas Securities LLC, SG Mortgage Finance Inc, SG Mortgage Securities LLC…) :

Tout simplement d’avoir refilé au prix fort à Fannie et Freddie, par l’intermédiaire de SG Mortgage Securities LLC, 4 paquets cadeaux d’obligations garanties par des créances hypothécaires (248 785 000 de dollars conditionnés le 11 mai 2006, 583 193 000 de dollars empaquetés le 13 juillet 2006, 148 233 000 de dollars d’un côté et 206 241 000 de dollars de l’autre, saucissonnés le 14 décembre 2006…) dont la qualité réelle ne correspondait en rien à ce qui était écrit sur l’emballage.

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Bref, des garanties tellement merdiques qu’en juillet 2011, le taux de défaillance des emprunteurs de chacune des 4 catégories de créances hypothécaires garantissant le papier vendu à Fannie et Freddie, a atteint respectivement les taux désastreux de 50,9%, 50,7%, 44,3% et 41,6% !

Bien entendu, dans son assignation, la FHFA détaille les arguments démontrant que Fannie et Freddie ont été trompées sur la marchandise :

En ce qui concerne par exemple le taux de créances hypothécaires sur des emprunteurs qui habitaient effectivement les biens financés, lesquels sont statistiquement plus enclins à rembourser leur crédit que les propriétaires de résidences secondaires, voire les purs investisseurs, la FHFA a fait d’horribles découvertes.

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D’après la SocGen, dans chacun des 4 paquets-cadeaux, les financements consentis à des acquéreurs n’habitant pas les biens financés (à risque de défaillance accru donc) étaient respectivement limités à 5,98%, 6,44%, 5,04% et 9,50% du total. Les vérifications effectuées par la FHFA ont révélé que les taux réels s’établissaient à 17,41%, 17,54%, 13,77% et 18,49% ! Une différence significative comme disent les spécialistes des sondages, qui s’est traduit par des ardoises bien plus saignantes que prévues…

Colis empoisonnés

L’arnaque est encore plus évidente en ce qui concerne le fameux ratio « Loan-to-Value » qui compare le montant de la créance vendue à Fannie et Freddie, à la valeur du bien financé ; le rapport constitue évidemment un bon indicateur du montant de la douloureuse qui restera au banquier lorsqu’il aura saisi et vendu le bien de son emprunteur défaillant.

Dans le premier « colis », l’emballage (Prospectus) affirmait qu’aucun dossier ne présentait un ratio supérieur à 100% et par ailleurs que 64,03% des dossiers de garantie représentaient une créance inférieure à 80% de la valeur du bien. Après vérification la FHFA découvre que 19,63% des créances sont supérieurs à la valeur du bien et seulement 37,58% des créances achetées par Fannie et Freddie étaient inférieures ou égales à 80% de la valeur du bien financé !

Et ainsi de suite dans chacun des 3 autres colis (aucune créance supérieure à 100% de la valeur du bien dans les « paquets » 2,3 et 4, d’après la SocGen contre 21,77%, 17,13% et 18,51% en réalité ! 70,24%, 65,33% et 63,82% de créances prétendument inférieures à 80% de la valeur du bien financé contre seulement 39,05%, 46,67% et 43% dans la réalité…).

Encore du coulis sur la Poire Belle Hellène

Selon une argumentation désormais classique, la FHFA estime qu’aussi naïfs qu’ils soient, Fannie et Freddie n’auraient jamais refinancé ce papier pourri s’ils avaient connu la qualité réelle des garanties fournies par la SocGen. Elle demande donc aimablement au tribunal du District Sud de new York de prier la banque de reprendre le tout, (une manip juridique qualifiée de rescision) d’indemniser avec intérêts de retard ses 2 protégées pour la totalité des pertes subies, et de rembourser les frais de procédure occasionnée par la malveillance d’Arnaud DENIS, Tony TUSI, Abner et Orlando FIGUEROA, les BOUTON’s boys aux noms qui claquent comme ceux de personnages des Sopranos, qui s’en sont rendus coupables au nom et pour le compte de la SocGen.

Il est vrai que le nouvel homme-fort de la maison SocGen, Frédéric OUDEA, alias La Poire Belle Hélène, peut envisager ce nouveau casse-tête avec un optimisme relatif : pour les mêmes raisons, la FHFA demande à la Bank of America et à ses filiales Merrill Lynch et Countrywide Financial de s’en reprendre pour 57,5 milliards de dollars ! Elle est moins exigeante envers J.P. Morgan et Royal Bank of Scotland dont elle n’exige respectivement que 33 et 30,4 milliards de dollars. A 1,3 milliards de dollars, c’est presque un cadeau que l’Oncle Sam fait à la banque française ; cocorico…

Qui sont Freddie Mac et Fannie Mae

A l’agonie et sur le point de faire faillite, Fannie MAE (Federal National Mortgage Association) fondée en 1938 au cours de la Grande Dépression et son « petit frère » Freddie MAC ( Federal Home Loan Mortgage Corporation - FHLMC) fondée en 1970, les 2 plus importantes « Government Sponsored Enterprises » (GSE) ayant pour vocation d’augmenter la taille du marché hypothécaire secondaire US en refinançant des créances hypothécaires titrisées (les fameuses « Mortgage backed Securities) étaient placées le 07/08/2008 sous la tutelle, ou l’administration légale, (« conservatorship ») de la FHFA (Federal Housing Finance Agency) née de la fusion dans la douleur, des 2 organismes qui n’exerçaient jusque là qu’une simple supervision du secteur, à savoir l’Office of Federal Housing Enterprise Oversight (OFHEO) et le Federal Housing Finance Board, aux termes de la loi n° 110-289 du 30/07/2008.

Au plus dur de la crise en juillet 2008, alors que toute l’administration fédérale s’interrogeait fébrilement sur la manière d’éviter la faillite imminente de FANNIE MAE et FREDDIE MAC littéralement dévastées par les subprimes et qui contrôlaient alors 50% des 12 trillions de dollars du marché hypothécaire US total, le Secrétaire d’Etat au Trésor, Henry M. Paulson avait eu cette formule célèbre au sujet de leurs dirigeants : «  le premier son qu’ils doivent entendre est celui de leur tête (coupée) heurtant le sol…  ».
Une formule qui pourrait retrouver du service parmi les patrons des banques, largement responsables du naufrage de Fannie et Freddie dont le coût du sauvetage était estimé par la FHFA le 21/10/2010, entre 224 et 360 milliards de dollars,150 milliards ayant déjà été fournis, presque sans broncher, par le contribuable…

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