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Sarko en Libye, le Qatar rit

Pendant que les candidats à la primaires socialistes se disputent à paroles feutrées l’investiture sur France 2, le bon président Sarkozy s’en est allé prendre un bain de foule. Une fois n’est pas coutume, ce ne sont ni des militants UMP, ni des cadres de son parti, mais bien des civils qui l’ont accueilli, à Benghazi, où l’on recense peu de cartes électorales françaises. Et encore moins d’électeurs potentiels, preuve s’il en est de la visite dénuée de toute prétention électoraliste du nouveau Lawrence de Libye.

Acclamé pour son courage, remercié pour son action, Sarko Ier a passé son temps à boire du petit lait et à recevoir une « ovation attendue » note, taquin, Lemonde.fr. Il était temps. Avant l’heure, c’est pas l’heure, après….cela pourrait s’ensabler.

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Déjà, des dunes libyennes monte d’étranges récriminations. En provenance de Syrte où les troupes de l’ancien meilleur ami Kadhafi ne souhaitent pas sortir de leur tente. Du camp des vainqueurs du Conseil national de transition également, commencent à s’élever des voix auxquelles ne s’attendaient ni le chef de guerre français, ni son aide de camp Bernard-Henri Lévy. « L’islam sera la principale source de législation » de la nouvelle Libye a lancé le président du CNT, Moustapha Abdeljalil.

Sarko Akbar

Une déclaration sans surprise, à la lecture de la déclaration constitutionnelle du mouvement d’août dernier, dévoilée dans l’Express. Mais une phrase-choc. L’annonce propre à crisper les Etats occidentaux (et leurs opinions) alliés à la révolte, n’a pas été commentée par les gouvernements de la coalition de l’Otan qui a participé au départ de Kadhafi. Un silence, sage, empesé, gêné, et fort diplomatique….

D’abord parce que les courants tels les frères musulmans ont eu un rôle déterminant dans la chute du colonel Kadhafi. « Ils étaient les plus structurés sous l’ancien régime et ont constitué le noyau dur de l’opposition », témoigne un "privé" fraîchement revenu de l’autre côté de la Méditerranée. « Kadhafi les a brimés pendant des années, ils se sont organisés en conséquence et ont été des fers de lance de la révolte, c’est un mouvement légitime ».

Qatarsis libyenne

Rassurants, les frères musulmans ont pris grand soin de préciser qu’ils croient « en la nécessité de partenariats politiques et d’un Etat libre, civil et démocratique ». Pas d’Etat islamique en perspective donc, mais un rôle grandissant ?

« Sur les champs de bataille, ils étaient très présents, confirme à Bakchich le privé, qui a passé son mois d’août en Libye. Et ils sont largement soutenus par le Qatar ». Et de préciser son propos. « Soit le Qatar les soutient parce que l’émirat s’oriente vers ceux avec qui ils ont le plus d’affinités, soit ils les soutiennent en échange d’un deal : nous vous soutenons en Libye, mais ne venez pas nous emmerder dans notre pays ».

De plus en plus influent sur la scène internationale, le Qatar, depuis l’avènement de Sarko Ier, s’est posé en partenaire privilégié de la France. Et pas seulement en investissant dans le football hexagonal. Actionnaire, via ses fonds souverains, de Vinci, Veolia ou Suez, le petit Emirat est même, selon le livre La République des mallettes du journaliste Pierre Péan, à l’origine du règlement financier de la libération des infirmières bulgares.

Un soutien sonnant et trébuchant, pour la France et pour les islamistes libyens.

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