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Love tax Robin, actually

« Kids, don’t buy drugs… become a popstar and they give you them for free ! »

Comment oublier cette réplique mythique de Billy Mack, aka Bill Nighy, l’attachant rockeur-loser du blockbuster sentimental «  Love Actually » en 2003 ?

La bluette à l’eau de rose a beau vous avoir été imposée par votre fiancé(e) de l’époque qui se blottissait contre vous en susurrant d’une voix aussi suraiguë qu’insupportable «  all I want for christmas is you  » : Bill Nighy crève l’écran.

Habitué aux rôles de méchants, ce british bon teint cache un vrai rebelle dans la vie. L’homme est connu pour ses participations actives et bénévoles à de multiples actions alter mondialistes. Pas très étonnant qu’il ait prêté son image à la campagne en faveur de la taxe Robin des Bois.

De Tobin à Robin, l’important c’est la taxe

Tobin, Robin, quel que soit le nom dont on l’affuble, il s’agit du projet de taxe symbolique (l’unanimité semble se faire sur un taux de 0,05%) levée sur chaque transaction financière, qui, selon toutes les estimations et quelle que soit son assiette définitive, permettrait de débloquer des milliards d’euros destinés à des projets à l’échelle planétaire. La pétition en sa faveur a déjà été signée par 500 000 idéalistes.

On se souvient d’ailleurs qu’en conclusion du G20, notre prez’ Nico Sarko s’est fait fort de convaincre le monde entier de son utilité, et de vaincre, de préférence quand même avant la prochaine élection présidentielle, les ultimes réticences des places financières telles la City et Wall Street. Après le président du Pouvoir d’Achat, le Robin des Bois du libéralisme cupide, ca ne rigole plus.

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Le temps d’un spot décapant et pour la bonne cause, Bill Nighy a donc remisé au placard ses habits de lumière de king de la pop. Il campe ici l’archétype du banquier glacial et méprisant, amusé parfois par la candeur naïve de son interlocuteur, mais défendant obstinément son bout de gras.

Regards en biais sensés masquer l’embarras et froideur distinguée toute british, « the banker » refuse d’entendre parler de la « minuscule » taxe Robin des Bois. Un levier néanmoins capable de constituer une force de frappe d’une ampleur telle qu’il n’ose avancer un montant définitif de peur d’estomaquer l’homme qui le questionne. Ferme mais courtois, le loup de la city bien peigné et habillé sur Savile Row finit par s’interroger devant l’insistance polie de son visiteur : Et si c’était une bonne idée ?

Le site français consacré au même projet (http://www.taxerobindesbois.org/) ne lésine pas non plus sur la com’ 2.0.

On peut y créer soi-même sa petite vidéo promotionnelle personnalisée en y ajoutant son nom et sa photo. En fond sonore le titre très à propos d’Aloe Blacc, I need a dollar, complète le tableau pour le partager ensuite sur les réseaux sociaux.

En ces temps où les vautours de la finance sont tenus pour responsables de tous les maux, où la « crise grecque » est d’abord, quoiqu’on en dise, celle des usuriers qui ont fini par l’étrangler et qu’il faut recapitaliser malgré-eux en urgence, on ne sait s’il faut féliciter Bill d’avoir redonné aux banksters de la city et d’ailleurs une image un tant soit peu présentable.

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