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Imbroglio chez les Bongo

Ciel des députés gabonais et membres du parti présidentiel, le Parti démocratique gabonais, mécontents. Et qui se permettent de huer en pleine séance de l’Assemblée nationale le ministre des Finances et gendre du patron du pays Omar Bongo, le 28 juin dernier. Un vent de démocratie sur le Gabon, aux mains du Mollah Omar depuis 40 ans ? Une salve de liberté d’expression ? Un petit accès de rebellion. Que nenni ! Le Bongoland reste le Bongoland. Et les fiers élus ont tout simplement fait part de leur mécontentement : ils n’ont pas eu droit au partage du gâteau de Gabon Télécom. Le fleuron (c’est une expression hein) de la téléphonie mobile gabonaise a été tout récemment racheté par Maroc Télécom. Sans une piécette pour les députés qui reprochent à Toungui d’avoir gardé le magot pour lui. De méchantes rumeurs parlent de 50 milliards de FCFA (75 millions d’euros). Pas très charitable d’autant qu’une partie de la famille Bongo attise les racontars. En l’occurrence le clan d’Ali Bongo, le ministre de la Défense, qui dispute à son beauf Toungui la place de successeur de Papa Bongo.

Marié à la fille préférée, Pascaline, Popaul a une petite longueur d’avance. Il se permet même de réunir des petites réunions ministérielles chez lui, dans le quartier de la Sablière à Libreville, avec ses affidés du gouvernement. Histoire de compter les troupes. Sont notamment présents Richard Onouviet, le ministre du Pétrole, Moama Djamba ministre délégué aux Mines, Charles Mba, ministre délégué aux Finances, Ngoyo Moussavou Germain, chargé du Trésor public, Paulette Missambo, ministre de la Santé publique, Faustin Boukoubi, ministre de l’Agriculture…Bref un savant mélange de ministres issus de toutes les régions du Gabon -et de leurs richesses- que ne renierait pas le président Bongo, grand équilibriste du pouvoir régional depuis 40 ans. Mais qui provoque des remous au sein de la famille, et de ses dépendances.

Car les bisbilles entre Toungui et Ali s’invitent jusqu’à Bongoville (ex-Léwaï), qui a connu une grande fête fin juin : le retrait du deuil de Julien Mpouho Epigat, un neveu (et non l’oncle) d’Omar Bongo, un an après sa mort. Pour l’occasion, toute la République gabonaise s’est rendu dans la ville où il repose et arrosé de grisbi la famille. Mais divisés entre pro-Ali, député de Bongoville et dont le suppléant n’est autre que Ernest Mpouho, et pro-Toungui le partage risque là aussi de créer des tensions. Papa Bongo va encore devoir trancher. Dure vie que celle de chef de clan.