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Sarko, la filière gabonaise

Pas de preuve, ni de document. Mais un nouvel indice des lucratives relations entre la France et le Gabon vient d’être déterré par les confrères Xavier Harel et Thomas Hofnung, dans leur dernier méfait, Le scandale des biens mal acquis, enquête sur les milliards de la Françafrique, livre qui a l’inexorable qualité de citer Bakchich.

Un ancien du cabinet de feu Omar Bongo, président du Gabon de son intronisation par De Gaulle à sa mort en 2009, y témoigne à visage découvert. Et balance tout simplement que non les financements de campagne électorale avec l’argent du Mollah Omar, puisés aux meilleurs sources pétrolières, ne s’est pas tari avec l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée.

Jocktane jacquette

Passé à l’opposition après la mort de « Papa » Bongo, Mike Jocktane est désormais promis à une tournée des studios, avant peut-être, une déposition dans le volumineux dossier des biens mal acquis ?

Une nouvelle pierre dans le jardin de la République irréprochable qui commence à ressembler à un tas de gravas. Longue a été la drague entre Sarko et le Gabon ! Et Bakchich en a suivi quasiment toutes les étapes depuis 2006. Avec d’abord, cette étonnante négociation entre ministère de l’Intérieur français, piloté par Sarko et son homologue gabonais, alors dirigé par André Mba Obame, nouveau patron de Mike Joctane dans l’opposition, afin que les ressortissants du petit Etat d’Afrique Centrale soient dispensés de passeport. Pour une fois que Sarko Ier faisait un pas en faveur des immigrés….

Puis il y eut ces multiples rencontres, en France, à Libreville, en vue de se voir adouber. Et d’où sont nés les soupçons de financement électoral. Comme le rappelle Patrick Benquet et Antoine Glaser dans leur documentaire « Françafrique, 50 ans sous le sceau du secret », Pascaline Bongo grande argentière de son papa, Pascaline avait assisté 1er meeting de campagne du candidat Sarkozy le 14 janvier 2007… dans le carré réservé aux donateurs du parti. Peut-être une piste à suivre pour les juges en charge du dossier des bien mal acquis.

La longue drague Sarko Bongo

Une fois élu, Sarko Ier n’a pas fait dans la dentelle. Et aux yeux du monde, la France reconnaissante courbera bien bas l’échine pour annuler une partie de la dette du Gabon (20%), huit jours après l’accession du président Nicolas au pouvoir. Par la suite il sacrifiera un secrétaire d’Etat à la coopération sur l’autel de la Françafrique, maintiendra en poste un ministre des Affaires Etrangères rincé par un état étranger, avant d’envoyer le secrétaire général de l’Elysée, et un nouveau secrétaire d’Etat recevoir l’onction du potentat gabonais.

Bien sûr les aventures de Sarko en Afrique seront chaperonnés par un vieil émissaire sur le retour, le désormais célèbre Robert Bourgi.

Mais soyons juste avec le squatter actuel de l’Elysée. Les incestueuses relations financières entre la France et ses anciennes colonies lui ont préexisté. Sous Chirac bien sûr, sous Mitterrand, sous VGE, sous Pompidou et sous De Gaulle, grand timonier de la décolonisation et de l’indépendance énergétique. L’indépendance dans l’interdépendance qu’il disait. Seul évolution notable, démarré sous Chichi, achevé sous Sarko Ier, les roitelets africains ont pris le pouvoir dans la Françafrique. Et le "phénix" Sarkozy, comme le baptisent Hofnung et Harel, n’a pas inversé la tendance.

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Etonnamment, c’est sous sa présidence que les enquêtes sur la Françafrique, les biens mal acquis et le patrimoine immobilier des potentats africains ont prospéré. Avec notamment la transmission de notes Tracfin (Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins), la cellule anti-blanchiment de Bercy. Une mine pour les enquêteurs et les magistrats sur la piste bien entravée des détournements de fonds publics des familles régnantes en Afrique.

Les notes enterrées de Tracfin

Ces derniers semaines, les juges Le Loire et Gruman ont d’ailleurs eu la surprise d’apprendre que le parquet de Paris a été pendant des années récipiendaires de note de Tracfin sur la famille Bongo depuis….2000 ! Et s’est bien gardé de diligenter des enquêtes, pousser ses investigations ou de les verser au dossier d’instruction. Trois notes qui concernent nommément la famille Bongo, notamment du 7 février 2000, du 28 juillet 2004 et du 31 octobre 2007 ont semblent-ils été égarés dans des placards du parquet. Ou enterrées dans le jardin de la Françafrique ? A vos pioches !

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