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L’Europe façon Icare

Si l'Eurozone branle, le marché européen de la pédopornographise porte bien. Et les flics européens ont bien du mal à l'endiguer, malgré quelques réussites comme l'opération Icare.

 Ringarde l’idée d’Europe ? On pourrait le penser à l’idée de l’enterrement de première classe réservé il y a peu par Frau Merkel à l’idée « d’euro-obligations » par exemple. Mais il n’y a pas que le flouze dans la vie…

 

Si la solidarité financière reste pour l’instant un vœux pieux, la pédo-pornographie en revanche, est hélas, une réalité européenne qui prospère. D’autant plus vite que ses promoteurs se sont affranchis depuis longtemps des obstacles des langues et des sous-titrages pour se concentrer, si l’on peut dire, sur les images, comme l’ont récemment confirmé les résultats de « l’Opération Icare ».

 

 

Bébés victimes d'abus filmés

 

 

Menée dans 26 pays sous la direction de l’unité de lutte contre la criminalité technologique danoise qui possède quelques longueurs d’avance dans ce domaine, et coordonnée par Europol, (l’agence de coordination policière européenne dont le siège est au Pays Bas) « Icare » a conduit les polices européennes sur la piste d’un réseau encore inconnu à ce jour, de partage sur Internet, de photos et de vidéo de bébés et de très jeunes enfants ( !) victimes d’abus sexuels

 

112 détraqués ont été arrêtés et 157 autres sont suspectés d’avoir pris part à l’organisation criminelle qui couvre déjà  l’Autriche, la Belgique, la Bulgarie,  Chypre, la République Tchèque, le Danemark, l’Estonie, la Finlande, la France, l’Allemagne, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, la Pologne, la Slovaquie, l’Espagne, la Suède la Croatie, la Norvège et la Suisse. 

 

Rien qu’au Danemark, 19 lascars de 24 à 55 ans ont été arrêtés, 59 ordinateurs et 2430 supports de stockage saisis

 

Icare (qui n’a rien à voir avec la menace des joyeux drilles d’Anonymous qui menaçaient de s’en prendre à la Bourse de New-York au mois de mars dernier) est la première opération menée dans le cadre du projet « CIRCAMP » (COSPOL Internet Related Child Abuse Material Project ) financé par la Commission Européenne et co-piloté par le KRIPOS (National Criminal Investigation Service) norvégien et le CEOP (Child Exploitation and Online Protection project) britannique.

 

 

Comme l’avouent avec candeur les promoteurs de CIRCAMP, « …La Police n’est pas en mesure de contrôler le réseau Internet en tant que tel ; ce travail requiert une vaste coopération dans les différents domaines de l’Internet, comme l’industrie du Net… ». Une raison suffisante pour inciter les institutions européennes à favoriser depuis 2004 toutes les initiatives  concluant à la nécessité – politiquement et techniquement difficile à mettre en œuvre – de bloquer l’accès aux sites contenant des fichiers d’images d’enfants victimes d’abus sexuels.

 

Un casse-tête pour les pouvoirs publics, parfaitement exposé dans le remarquable rapport du CEOP britannique déjà évoqué (« European Financial Coalition against commercial sexual exploitation of children online) qui confirme, s’il en était encore besoin, le rôle majeur des réseaux criminels Est-européens dans la montée en puissance de ce trafic au demeurant peu rémunérateur par rapport à d’autres activités criminelles plus « traditionnelles ».  

 

 

29 tera et 9000 heures de video

 

Commentant les résultats de l’enquête, Henrik Hoejbjerg, patron de la police danoise et chef de projet de l’opération, a fait quelques confidences inquiétantes quant aux moyens déployés par ces criminels d’un nouveau genre : « Nous avons saisi chez l'un des suspects danois, 29 terabytes de données cryptées représentant environ 9 000 heures de vidéo de très bonne qualité…»

 

Rob Wainwright, patron d'Europol, a évidemment mis l'emphase sur la dimension budgétaire de l'affaire, en rajoutant un couplet subliminal sur la nécessité d’un contrôle institutionnel de la Toile  : «cette opération nous a montré comment Internet aide les criminels à améliorer leurs techniques de partage global d’images en masquant leurs identités. Les problèmes soulevés deviennent plus difficiles à résoudre par les services de Police, et doivent susciter des efforts soutenus de la part des décideurs politiques et des services de maintien de l’ordre, afin que la réponse de la société demeure à la fois puissante et réactive… »

 

C’est Cécilia Malmström, Commissaire européenne aux Affaires Intérieures, qui a rappelé les flics européens un brin auto-satisfaits à un peu plus de considération pour les victimes : « Ces enfants sont victimes de crimes multiples. D’abord lorsqu’ils sont abusés. Ensuite lorsqu’ils sont filmés ; et ultérieurement à chaque fois que les images sont mises en ligne, circulent et sont regardées.. » .