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Kadhafi ne rime pas avec Lockerbie (2/2)

Deuxième volet de notre enquête sur l'attentatat de Lockerbie. Où émerge la piste d'un trafic d'héroïne mené par l'Etat américain.
 
Le mystère de l’attentat contre le vol Pan Am 103 se dissipe lentement. De nombreuses pistes officieuses recoupent la thèse soutenue publiquement par Suzan Lindauer, agent de la CIA dont nous avons révélé l’existence dans une précédente livraison de Bakchich. Elle a notamment fait une déposition à ce sujet le 4/12/1998 dont toutes les traces sur le web ont été effacées. 
 
Elle récidive le 4 mars 2011,   : « supervisée par mon officier traitant, le Dr Richard Fuisz qui affirme depuis le 1er jour qu’il connaît les origines de la conspiration de Lockerbie et l’identité des terroristes… Fort de cette assurance, notre équipe a engagé des discussions avec les diplomates libyens pour l’organisation du procès. J’ai participé à plus de 150 réunions à l’ambassade libyenne (auprès de l’ONU) à New-York. Après que la Libye ait livré les 2 accusés, notre équipe a engagé un bras de fer, pour obtenir l’autorisation pour le Dr. Fuisz, de faire une déposition relative à sa connaissance de la conspiration… »
 
Héroïne et Trafic d'Etat
 
Le 31 mars, elle remettait le couvert en livrant une partie des clefs de l’énigme (nous avons volontairement omis de traduire ses propos « explosifs ») : « according to my own CIA handler, Dr. Richard Fuisz who had been stationed in Lebanon and Syria at the time, the CIA had established a protected drug route from Lebanon to Europe, and on, to the United States. His statement support other sources that ‘operation Corea’ (Khourah) allowed Syrian drug dealers led by Monzer Al-Kassar (also linked to Oliver North in the Iran-Contra scandal) to ship heroin to the US on Pan Am, in exchange for intelligence on the hostages’s whereabouts in Lebanon. The CIA alledgedly made sure that suitcases carrying heroin were not searched at customs…»
 
L’idée selon laquelle, la CIA aurait assuré, éventuellement à l’insu de la DEA dont c’est normalement la mission, le contrôle de livraisons sécurisées vers les grandes métropoles américaines (« controled delivery ») d’héroïne en provenance de la plaine de la Bekaa, en échange d’informations sur le lieu de détention des otages au Liban (Terry Anderson et 11 autres prisonniers anglais et américains dont Jeremy Levin, patron local de CNN et le pasteur anglican Terry Waite. On se souvient que William Buckley, le chef de l’antenne locale de la CIA avait été enlevé puis torturé à mort avant que son corps soit abandonné devant les locaux de la CIA à Beirouth) a été confirmée « du bout des lèvres » par plusieurs protagonistes plus ou moins directs de l’affaire.
 
Pour sa part, dans son livre-confession I solemnly swear – Conmen, DEA, the Media and Pan Am 103, Micheal T. Hurley, responsable (Supervisory Special Agent) de la DEA à Chypre au moment des faits, nie avoir jamais entendu parler de l’opération Khourah, ou de Khaled Jafaar, l’une des victimes de l’attentat. 
 

Une mule qui pèse lourd

 
De nombreux témoignages contredisent son propos et affirment au contraire que le jeune Khaled Nazir Jafaar était un « courier de la DEA voire de la CIA » et qu’en cette qualité, il a pu introduire sans être contrôlé, la bombe dans le vol Pan Am 103, pensant que la valise en question contenait de la drogue. 
 
Une hypothèse battue en brèche par le témoignage d’un fermier, Jim Wilson, qui a témoigné avoir trouvé dans un champs de sa propriété une valise contenant une grande quantité de drogue, remise aux autorités…
 
Que des ordres venus de Washington et destinés à dépêcher sur place, une équipe d’incorruptibles dirigée par Charles Dennis McKEE de la DIA (renseignement militaire) chargée de vérifier l’implication de services fédéraux dans un tel trafic puis d’en rendre compte, est loin d’être inimaginable.
 
 
D’autant que figurent parmi les victimes de l’attentat,  outre Mc KEE et Khaled Nazir Jafaar,  Ronald Albert Larivière, et Daniel Emmett O’Connor, agents spéciaux du Diplomatic Security Service, Matthew Kevin Gannon de la CIA et Joseph Patrick Curry membre des Forces Spéciales qui rentrait d’une conférence sur la sécurité à laquelle il aurait assisté en Italie. 
Le corps de Jafaar sera retrouvé à une courte distance de celui de Gannon, laissant à penser qu’ils étaient assis très près l’un de l’autre dans l’avion.
 
 
Une disparition d’autant plus troublante qu’un certain nombre de personnalités, sans doute informés des risques d’attentat, ont annulé leur réservation sur le vol au dernier moment ; c’est le cas d’une délégation sus-africaine de 22 personnes dirigée par Pik Botha alors ministre des affaires étrangères, de John McCarty, ambassadeur américain, d’Oliver Revell, fils de Buck Revell qui dirigera l’enquête sur l’attentat pour le compte du FBI, et surtout de Steve Green de la DEA !
 

Des écoutes entre l’Iran et le FPLP

 
Concluons par ce passage d’un rapport inédit et strictement interdit de reproduction depuis 1997, obtenu par l’avocat de l’un des protagonistes de l’affaire et élaboré par le Foreign Broadcasting Information Service (FBIS) dont la mission consiste à écouter (avec l’aide de la NSA) les communications à l’étranger et à en effectuer une synthèse destinée aux différentes agences fédérales concernées, lequel relevait pour les 20 et 21 décembre 1988 :
 
«  20 december, 1988: Engineer Rashid Mehmet and two of his comrades received a special cargo from Hayro Karabtian in Frankfurt. On the same day, Rasid Mehmet received the green light for executing the operation from rasul Qassab Qara (3).
The morning on December 21 was chosen, after the Iranian embassy in Beirut confirmed that 5 american intelligence agents were setting out for America via Frankfurt via Pan Am. The unsuspecting courier had travelled from Sweden the previous week, and was to be used as the conduit to place the device aboard. The suitcase containing the device was attached to the courier’s baggage after he checked in.
In this way, the bag would not be traceable. The courier, a Lebanese, came from a family of heroin producers in Hermal who opposed Hizbolla. He was tricked in thinking he was only a mule for a normal drug shipment to be used by his American contacts. He had been instructed that his American guide would meet him aboard the flight.
21 december, 1988> : The American passenger plane fell over Lockerbie. While an unknown group in Beirut, under the name of Islamic Revolutionary Guards, announced responsibility. The Iranian minister of foreign affairs vehemently denied the reports that Iran was behind the operation. In Beirut.
Amhad Jibril (4) received the final portion of his ten million dollar payment. In Larnaka, Cyprus, the Iranian Charge d’affaires received Rashid Mehmet when he arrived with a German passport in Larnaka after having performed his mission  »
 
Non vraiment, Lockerbie ne rime pas avec Kadhafi ; moins encore avec Al-Megrahi qui est peut être mort aujourd’hui après avoir passé 8 ans et demi à se familiariser avec l’accent écossais de ses gardiens, avant d’être libéré pour se battre contre un méchant cancer de la prostate…
 
(1) technicien d'origine iranienne employé à l'aéroport de Francfort, point de départ du vol Pan Am 103 faisant escale à Londres Heathrow.
 
(2) Hayro Kababtian ou 'Karabetian" serait un membre de l'ASALA, Armée Secrète Arménienne qui a revendiqué de nombreux attentats en Europe dans les années 1980
 

(3) Qassab Qara était le Consul iranien à Francfort

 

(4) fils du fondateur du Front de Libération de la Palestine - Commandement général (FPLP-CG)