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L'Eléphant républicain se trompe énormément
Pour affronter Obama lors des présidentielles de novembre prochain, les Républicains cherchent un candidat...Une quête quasi mystique qui vire au bêtisier.
Aux Etats-Unis, toutes les 90 secondes, une famille déclare faillite en raison des coûts élevés pour se soigner. C’est dans ce climat économique morose qu’Obama est devenu malgré lui, le Président le plus impopulaire, devançant même à quelques reprises les chiffres les plus bas de Georges W. Bush.
Une autoroute électorale pour les Républicains ? Pas si sûr.

Depuis quelques mois l'Amérique offre un spectacle affligeant, la bataille pour trouver un adversaire républicain a Obama. Spectacle digne d'une crèche en fin de journée, quand les petits esprits sont surchauffés et le niveau ne vole pas très haut. De mémoire, on n’a pas souvenir d’une telle brochette de mediocrite lancee dans la course a la Presidence.
Le moins débile (c'est dire) et l’élu du peuple de droite, le noir Herman Cain s’est vite fait écarter de la course. Alors qu’il était confortablement installé en tête des sondages, 4 femmes sont sorties du bois en même temps pour se plaindre d’harcèlement sexuel , il y a de cela dejà… une dizaine d’années. Exit le black.
Donald Trump s’est tire une balle dans le pied, tout seul comme un grand, quand il a vu dans les premiers pas américains sur la Lune, un bidonnage télévisuel et un atterrissage truqué ! Au pays de l’oncle Sam, il ne fait pas bon de s’attaquer aux exploits patriotiques de ses concitoyens.
Pas de pitié pour les modérés
L’émergence des évangelistes, du Tea Party et autres chrétiens conservateurs, n’a laissé aucune place pour une aile moderée de l'Eléphant. La course à la candidature s’est transformée en une surenchère du plus croyant et du plus homophobe de la bande.
Newt Gringinch? L’ancien Speaker de la Chambre des représentants prône un retour aux années Ronald Reagan. Marié 3 fois, et une longue liste de conquetes pendant ses periodes de célibat, le donneur de leçons a également admis avoir touché des pots de vins et un salaire de 1,8 millions annuels comme consultant en Histoire chez Fannie Mae, leader mondial en prêts immobiliers mais surtout en expropriations.
Le gouverneur du Texas Rick Perry est guidé par sa foi, et il veut supprimer 3 ministères, mais ne se souvient plus desquels.
Michelle Bachmann, mère de 5 enfants et famille d’accueil de 25 autres veut bombarder l’Iran et guerrir les homos de leur terrible maladie. Elle aimait se comparer à Margaret Thatcher. Dans ses pubs de campagne édifiantes, on la voit en compagnie de Thatcher et de Meryl Streep, celle qui incarne la premiere dame britannique dans le dernier blockbuster hollywoodien. Apprécions la modestie du slogan de fin : «Une Dame de fer pour l’Amérique».
Google, l'ennemi de Santorum
Vient ensuite le vieux congressman Ron Paul. Lui aussi du Texas. Très populaire auprès des jeunes et des conspirationnistes, il croit en un complot du 11 septembre, veut fermer toutes les bases militaries US à l’étranger, refuse de partager les toilettes avec les gays et considère qu’Israël ne devrait pas exister.
La cerise sur le gateau, c’est Rick Santorum, surprise du vote de l'Iowa. A part vouloir interdire la contraception et se faire l'Iran tout comme ses petits camarades, Rick a un enorme probleme, et celui-ci s’appelle Google.
Quand on tape le nom de l’ancien senateur de Pennsylvanie, la définition du mot «santorum» que nous renvoie Google est la suivante : «mélange malodorant de lubrifiant et de matieres fecales suite à une sodomie». Pas terrible pour celui qui ouvertement compare une relation homosexuelle à un acte sexuel entre homme et chien.
Et enfin le favori, le mal aimé : Mitt Romney, le mormon. Face à la majorité évangeliste du parti républicain, il évite de la ramener sur les valeurs familiales et la religion. Le mormon veut remettre le peuple au travail. C’est ce même Mitt qui a laissé 30 000 personnes sur le carreau pour son dernier coup d'eclat en tant que chef d’entreprise.
Une campagne qui Mormonne
Alors que le Mali (un pays a 98% musulman), est sur le point d'élire un président mormon, les Républicains ont un mal fou à se defaire poliment de leur mormon a eux. Ils sont obligés de faire avec. Romney est le seul a pouvoir rivaliser finacierement avec Obama.
Tout ce beau monde s’est retrouve la semaine dernière en campagne dans l’Iowa. Dans cet état de l'Amerique profonde que le cirque republicain fait une première halte pour un premier scrutin qui souvent donne le ton pour la suite. Santorum a été le premier à dégainer. Rick en a marre de l'assistanat, surtout pour ces fainéants d'afro-americains. Il souhaiterait «redonner le gout du travail aux Noirs (sic)», en supprimant les bons de nourriture pour les plus démunis. Ce que cet économiste de renommée ne sait pas, c'est qu'aujourd'hui un Américain sur 6 n'a pas assez à manger et est officiellement frappé par la famine. Et la grande majorité des pauvres qui reçoivent/bénéficient de l'aide federale, sont blancs.
Romney le mal aimé ou Newt le grincheux
Une semaine d'insultes et de cacophonie religieuse. Même le célèbre pasteur évangeliste Pat Robertson a juge bon de faire l'interressant sur CNN : «Dieu m'a parle et m'a confie le nom de celui qui sera elu President des Etats-Unis». Evidemment, Pat n'a pas le droit de le dire. Ordre de Dieu.
Finalement le verdict est tombé. Romney et Santorum arrivent en tete avec 25% des bulletins. Le mormon devancant le réac evangeliste de 8 petites voix. Ron Paul est 3e avec 20% et Newt Gingrich, relegue en 4e position avec 13%. Bachmann jette l'éponge et Perry est retourné au Texas pour «ré-évaluer» sa candidature.
Obama se frotte les mains. Sa stratégie est simple, laisser les guignols s'entredechirer entre eux.
Ron Paul et son agenda anti-Pentagone, n'aura jamais l'approbation de l'establishment republicain, et Santorum n'a plus un centime. Ce sera donc Romney le mal aimé ou Newt le grincheux. Prochaine étape, la semaine prochaine dans le New Hampshire.
Ce matin, en quittant l'Embassy Suites, l'hotel de Mitt Romney, un collègue du LA Times m'a glissé : «Chez nous, c'est comme chez vous en France, mais politiquement à l'envers. Le président le plus impopulaire de l'histoire sera re-élu. Parce qu'il n'y a personne en face».



