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Obama protège-t-il les banksters ?

L'admninistration américaine plaide auprès des procureurs la cause des délinquants en col blanc.

    

 

L’un des plus intrigants paradoxes observés depuis une vingtaine d’années au sein des économies dites développées et aujourd’hui mises à mal par la crise financière qui perdure, est d’un côté, l’explosion de la délinquance financière nourrie dans une large mesure par la cupidité,  et de l’autre, la baisse régulière du nombre des procédures judiciaires intentées contre les auteurs des délits financiers les plus complexes et/ou les plus spectaculaires.  

 

Aux USA, le président Obama semble à son tour victime de cette inclination naturelle du pouvoir exécutif à tempérer le bras de la justice dès lors qu’elle doit frapper la banque et la haute finance dévoyées.  

 

56,5% de baisse 

des plaintes fédérales

 

Une tendance lourde, certes née sous la présidence Clinton en 1993 qui s’est poursuivie sans inflexion sous George Bush et Obama, et qui a vu le nombre des plaintes fédérales pour fraudes commises par les institutions financières entre 1991 et 2011 chuter de 56,5% d’après les chiffres compilées par la Transactional Records Access Clearinghouse (TRAC).

 

Il va sans dire, que la délinquance financière a explosé dans le même temps, trouvant son apogée dans le cloaque des subprimes, les pitreries des Madoff de tous calibres et les fraudes plus ou moins sophistiquées auxquelles ils se sont livrés. A commencer par la dérive des produits dérivés, les CDS (Credit Default Swaps) sans valeur émis par des assureurs véreux, la titrisation a tout va de créances hypothécaires incertaines voire inexistantes quand elles n’étaient pas en état de décomposition avancée, pour se poursuivre avec les centaines de milliers de saisies immobilières frauduleuses, effectuées par ceux-là même qui avaient consenti les prêts à des clients qu’ils savaient insolvables, sur la base de dossiers de demandes de crédit totalement fantaisistes, fabriqués à la tonne par des courtiers indélicats…      

 

Fraude épidémique 

 

Face à ce tsunami de la délinquance financière qualifié par les enquêteurs du FBI de « fraude épidémique »  l’administration Obama n’a rien trouvé de mieux à faire que « d’inciter » de manière de plus en plus pressante, les Procureurs Généraux des états de l’Union (Attorneys General) à rechercher avec les victimes des banques et des établissements financiers, des solutions d’indemnisations assez scandaleuses eu égard à la gravité des faits et à leurs conséquences collectives, plutôt que de multiplier les dépôts de plaintes pénales contre les responsables.

 

Un phénomène résumé sur un ton un brin polémique par Brett Arends, éditorialiste du fameux Market Watch : « Personne n’a été puni. Les dirigeants comme Dick Fuld chez Lehman Brothers et Angelo Mozilo à Countrywide, comme tant d’autres, ont dilapidé des centaines de millions de dollars avant que le bateau ne s’écrase sur les récifs. Les prêteurs avides et les banquiers hypothécaires escrocs s’en sont tirés avec des millions de gains injustifiés. Pour autant, ils ne sont pas en prison. Ils ne font même pas l’objet de plaintes pénales. Pas une égratignure. La règle c’est que de 2000 à 2008, les pires ont été les mieux traités. Et bien entendu, leurs successeurs sont encouragés à remettre ça. Garanti… »

 

Le ministère cherche à apaiser 

les procureurs

 

Il y a quelques jours, Geoff Greenwood, porte-parole du Procureur Général de l’Etat de l’Iowa Tom Miller, vient de révéler qu’avec l’ensemble de ses collègues, il a été « invité » à rencontrer le Secrétaire au Logement et au Développement Urbain, un certain Shaun Donovan flanqué d’un responsable du Ministère de la Justice. 

 

La chanson de l’exécutif, fredonnée avec insistance depuis plusieurs mois, a consisté à leur demander une nouvelle fois de trouver un accord, fut-il inique, avec les victimes des saisies frauduleuses opérées par les 5 plus gros prêteurs hypothécaires du pays dont Bank of America Corp et J.P. Morgan Chase & Co.

 

Obama veut épargner 

les gros poissons

 

Une mesure décidée en haut lieu après que les Procureurs Généraux des 50 états de l’Union aient annoncé en 2010, qu’à la suite de la découverte de l’utilisation massive de documents frauduleux par les banques, ils lançaient des enquêtes sur leurs procédures de saisie immobilières. L’arnaque s’avère d’une telle ampleur qu’elle a poussé Obama et son administration à visser solidement le couvercle de l’autocuiseur plutôt qu’à l’ouvrir et à découvrir ce qu’il contenait vraiment en prenant la mesure du désastre avant de sanctionner les délinquants en col blanc, quand bien même ils occuperaient aujourd’hui des postes clefs de l’administration fédérale…  

 

 

Pétition contre le président

 

L’ONG Campaign For America’s Future (http://action.ourfuture.org) est la plus en pointe pour dénoncer la mascarade de justice qui s’annonce sous la supervision du très controversé Eric Hodler qui ne parvient pas à se dépêtrer de sa casserole mexicaine dite ‘Fast & Furious’  : l’appel de l’ONG à signer sa pétition résume parfaitement la situation : 

 

« Dites au président : pas d’accord amiable avec les grandes banques. les banquiers qui ont fraudé méritent d’être jugés et envoyés en prison. Le respect de la loi est vital pour éviter que de tels agissements se reproduisent. 

Certains des meilleurs procureurs généraux américains s’efforcent de le faire – obtenir justice pour les américains victimes de ce que le FBI a qualifié ‘d’épidémie de fraude’ - de la part des banques et institutions hypothécaires qui ont largement contribué à la dévastation économique du pays. 

De manière surprenante, l’administration Obama encourage la conclusion d’accords qui permettraient aux banquiers qui ont violé la loi, d’échapper à des enquêtes et des condamnations.

 Les ministères de la Justice et du Trésor en particulier, pressent les états à passer des accords amiables. 

Agissez maintenant : signez la pétition transmises au président Obama : ne laissez pas les banquiers passer au travers pour leurs pratiques illégales qui ont conduit à la crise de l’immobilier. Refusez l’accord et lancez une enquête fédérale : 

 

Pétition au président Obama : Je soussigné, vous prie instamment Président Obama, d’ordonner une enquête immédiate sur ce que le FBI a dénoncé comme une ‘épidémie de fraude’ et qui a contribué à la crise de l’immobilier et a conduit des millions d’américains à perdre leur maison. L’accord amiable envisagé afin d’éviter une telle enquête doit être abandonné. La loi doit prévaloir et ceux qui l’ont violé doivent répondre de leurs actes. A défaut, les banquiers de Wall Street s’estimeront autorisés à recommencer à frauder dans l’avenir.»

 

Ils attendent quoi nos Indignés pour transmettre à notre Nico national, une supplique dans le même sens, au lieu de se les peler sur le parvis de la Défense face à un impressionnant déploiement policier ? Les victimes des banksters bleus blancs rouges : en voilà un précieux gisement de voix populaires à moins de 3 mois de l’échéance fatidique…