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Merkozy : la lune de fiel…
La chancelière allemande se détache de son dulcinée français. Trop peu d'argent, trop peu fiable...Et s'organise en douce de nouvelles rencontres.
L’indiscrétion avait fait grand bruit et avait été diversement appréciée de ce côté ci du Rhin : Pour prolonger la magie de leurs langoureux têtes à têtes, Angela était prête disait-on, à soutenir son petit Nicolas en mauvaise posture dans les sondages, et à tenter de lui donner un coup de main décisif en payant de sa personne en France au cours de la campagne électorale présidentielle.
Après avoir fait preuve d’un manque évident de tact en proposant de dépouiller la Grèce (un « puit sans fond » aux dires du très delikat Herr Schauble, ministre allemand des finances à l’origine de la proposition) d’une bonne partie sa souveraineté fiscale en échange d’une contribution allemande exceptionnelle, Angela s’est pris un mega taquet à la sortie du Conseil Européen de Bruxelles du 30 janvier de la part de son ex-partenaire privilégié :
« Il est hors de question de mettre quelque pays que ce soit sous tutelle ; ça ne serait pas raisonnable, pas démocratique et pas efficace » a affirmé Nicolas sarkozy ; celui-là même qui contestait aux Grecs il y a peu, le droit de se prononcer par referendum sur les mesures d’austérité auxquelles ont décidé de les soumettre leurs créanciers pour leur éviter l’humiliation d’une faillite nationale.

Angela préfère les Triple A
Juste pour rappeler à son ex chouchou qui porte la culotte dans le couple, Frau Merkel a donc invité à goûter vendredi 3 février à Berlin, les ministres des finances des 4 pays qui ont conservé leur Triple A, à savoir outre l’Allemagne, La Finlande, le Luxembourg et les Pays Bas. Le porte parole du Ministère allemand des finances en a même rajouté une pincée en précisant, un brin mystérieux, que «…l’invitation fait partie d’une série de réunions auxquelles participeront les représentants des Etats les mieux notés par les agences…Les ministres s’entretiendront des questions les plus urgentes. Il n’est pas prévu de point de presse au terme de la réunion… »
Le charme du «full Monti»
Par ailleurs, des indiscrétions peut être orchestrées par la bande à Schauble, font état d’un soudain coup de foudre de la Chancelière pour un nouveau latin lover en la personne de Mario Monti (« the full Monti » comme l’ont surnommé en souriant les conseillers d’Angela), en soulignant que ce dernier est un véritable technicien doté d’une expérience financière incontestable gage de crédibilité, contrairement à d’autres…
Plus discrètement, il semble que le désamour porte sur les doutes qui semblent gagner la chancelière et ses conseillers sur les données macroéconomiques en provenance de France, et plus encore sur le rôle exact de la France et de ses banques dans la réduction sensible de la qualité des garanties (« collatéraux ») offertes par les banques bénéficiaires en contrepartie des généreuses dotations financières que leur prodiguent la BCE dans le cadre des opérations de LTRO.
Il est vrai qu’il y aurait beaucoup à dire sur la fiabilité des prévisions made in France, ou, ce qui revient au même vu de Berlin, sur la présentation publique qui en est faite par la Sarkozie.
Les infidèles prévisions françaises
On a en effet un peu vite oublié que Christine Lagarde ministre de l’économie devenue entre temps boss du FMI, prévoyait encore le 15 février 2011, 2% de croissance de notre PIB en 2011…On sait ce qu’il en est advenu : 0,9% au premier trimestre, -0,1% au second, 0,3% au troisième et un nouveau probable 0% au 4ème…
Same player shoot again dans les Echos du 13 avril 2011, lorsque la nouvelle dame de fer adoptait une posture inspirée pour annoncer « avoir légèrement revu à la baisse, les prévisions de croissance de l’économie française pour 2012 à 2,25% du PIB contre 2,5% auparavant… ».
En octobre 2011, la revue de l’OFCE (n°119) dont les experts ne doivent pas disposer du même boulier, s’avançaient sur une prévision beaucoup plus vraisemblable de 0,8% pour la même période, c’est tout dire…

Les banques françaises
chauffent la BCE
Quant au sujet très sensible de l’état réel de santé des banques européennes, les conseillers d’Angela se perdent en conjecture depuis qu’ils ont lu, en particulier dans le Financial Times du 10 janvier 2012 (rubrique Short View Column) « …qu’au début de l’année, la banque centrale européenne a tranquillement augmenté de plus d’un tiers la liste des collatéraux (garanties) qu’elle accepte. La quasi totalité des 10 599 instruments de dettes supplémentaires proviennent de banques – et plus de 8 000 d’entre eux, de banques françaises. De plus ce sont les banques françaises qui dominent la liste des instruments nouvellement éligibles, créés depuis la modification des règlements. Ça traduit un certain désespoir de la part des banques françaises. Certaines banques irlandaises et grecques ne disposent déjà plus de collatéraux éligibles et ont du se retourner vers leur banque centrale nationale. Si les banques françaises venaient à connaître le même problème, ce serait un désastre. Encore que ces piles de nouvelles garanties devraient lever les craintes concernant l’éventualité de voir les banques françaises étouffées par un problème de liquidité comme l’a justement observé Lorcan Roche Kelly de ‘Tendances Macro’. Loin de manquer de garanties, les banques françaises semblent au contraire disposer d’une ligne de crédit illimitée à la BCE… »
Le genre de déclaration qui a le don de mettre Angela en rogne.



