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« Show the bankers, middle finger » : dicton islandais
Les Islandais sont sortis de la crise et en remboursant par avance le FMI. Dialogue imaginaire, faits réels.
Notre article du 22/02 (cf. Crise grecque remède islandais) a été abondamment commenté à Reykjavik. Si, si promis. Nos copains insulaires nous ont donc demandé d’enrichir notre débat électoral, au vu d’un email un peu confus du 15 mars qu’on a eu du mal à déchiffrer. C’est chose faite. Le message s’intitule ‘doigt d’honneur’ ; sans doute un jeu de mot intraduisible ; nous le reproduisons donc ci-dessous :
Amis français, nos remerciements pour votre article flatteur du 22/02. Sachez cependant que vous êtes encore très loin du compte.
Le FMI veut sauver les dirigeants des banques
Le 19 novembre 2008, le Fonds Monétaire International (FMI) avait en effet décidé de nous aider à restaurer un minimum de confiance dans notre gouvernement et à stabiliser la situation économique qui partait franchement en Javel. Il avait donc débloqué d’urgence, 827 millions de dollars et nous avait garanti le versement ultérieur tous les 3 mois, de 8 contributions de 155 millions de dollars chacune, à condition que nous laissions la vie sauve aux dirigeants de nos 3 banques nationales responsables du désastre.
«…Le programme soutenu par le Fonds Monétaire International répond à 3 objectifs principaux : contenir les effets négatifs de la crise sur l’économie en restaurant la confiance et en stabilisant à moyen terme, le taux de change ; à promouvoir un secteur bancaire national viable et à sauvegarder les relations financières internationales en définissant une stratégie saine, autrement dit, non-discriminatoire et coopérative, pour le secteur bancaire ; enfin, à préserver sur le moyen-terme une fiscalité viable en limitant la socialisation des pertes des banques défaillantes et en mettant en œuvre, un ambitieux programme pluriannuel de consolidation fiscale….L’Islande est plongée dans une crise bancaire d’une ampleur exceptionnelle. Les 3 banques principales représentant ensemble, près de 85% du système bancaire, se sont effondrées en moins d’une semaine. La Couronne (devise) a chuté violemment, le marché boursier a sombré et d’importantes cessation des paiements extérieurs sont apparues. Il en a résulté une récession sévère compte tenu du niveau élevé de l’endettement et de la dépendance significative du secteur privé à un endettement en devises étrangères, indexé sur l’inflation…»

Une méthode de PIGS?
Chers amis français qui, en cette étape importante de votre vie démocratique, semblez toujours résignés à vous jeter au visage, les effets supposés de la crise financière et l’inexorable progression de votre endettement public, sachez que l’amélioration de notre situation est tellement spectaculaire qu’elle nous a permis de rembourser par anticipation le 12 mars 2012, 443,4 millions de dollars sur les 2,067 milliards qui nous avaient été prêtés par le FMI le 19 novembre 2008, alors que ce remboursement ne devait intervenir qu’en 2013. Avec notre remboursement contractuel de février et les fonds que nous avaient accordés nos frères des pays nordiques que nous avons également été en mesure de rembourser par anticipation, le solde de notre dette envers le FMI n’est plus que de 1,6 milliards de dollars, bien que le ratio de nos réserves à notre endettement à court terme demeure supérieur à 100%, un résultat considéré comme adéquat par les institutions financières internationales. Vous trouverez confirmation de cela sur le site du FMI (www.imf.org/external/np/sec/pr/2012/pr1284.htm).
Nous attendons la semaine prochaine, 3 importantes délégations d’experts financiers grecs, espagnols et portugais venues pour comprendre comment un tel « miracle » a été rendu possible. Les discussions qui devraient se tenir dans le plus grand secret dans l’un des hôtels de la ville, sont désignées sous le nom de code de « doigt d’honneur » (« show the bankers, middle finger »).
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